Venga Valverde

Le blog des supporters de la Balaverde


Valverde dans minuto 116, partie 2

Publié par Clément sur 11 Décembre 2013, 19:24pm

Te considères-tu comme un coureur malchanceux ? Tu as eu des crevaisons à des moments clés, tu as été victime de chutes, d’incidents improbables…C’est quelque chose qui arrivait à Pedro Delgado par exemple.
- C’est clair que oui. Peut-être que je n’ai pas eu la chance que j’aurais dû avoir. Parfois c’était ma faute, parfois c’était uniquement de la malchance. Mais bon, ce sont des choses qui arrivent à tous ceux qui se battent pour la victoire. Si j’étais 50e du général et que ces choses là m’arrivaient, personne ne s’en soucierait, parce que personne ne s’intéresserait au risque que je devienne 50e, 60e ou 70e...Je vise la gagne sur quasiment toutes les courses que je dispute, c’est pour cela que ces pépins se remarquent bien plus. Si je me rate c’est parce que je suis toujours là pour la gagne.

Quand les erreurs viennent de toi, comment travailles-tu pour essayer de les éviter ?
- Le plus souvent c’est dû à un manque de concentration, parce que tu es trop jeune et tu ne fais pas assez attention…Dans une course de 21 jours, la moindre petite erreur peut se payer très chère.

Jusqu’à quel point le froid et la pluie te pénalisent-ils ?
- A peu près comme pour tout le monde. Certains plus ou moins que d’autres, certes, mais la pluie dérange tout le monde. Et le froid combiné avec de la pluie, ça c’est terrible. Mais bon, au Mondial il faisait froid et il pleuvait et j’étais quand même là à l’avant ; et pareil au Tour de Lombardie. Sur la Vuelta cette année il y a eu aussi des journées extrêmement difficiles et je les ai surmonté.

En parlant de victoires émouvantes, on ne peut pas ne pas évoquer le Willunga au Tour Down Under. Quels souvenirs as-tu de ce jour-là ?
- Des excellents souvenirs. Ca a été une explosion de joie, de rage…de tout ! Après un an et demi sans courir, arriver à la 1ere course World Tour, gagner la 1ere étape de montagne et finir 2e du général, ça a été…je ne sais pas,  je n’arrivais pas à contenir ma joie, c’était quelque chose.

Et le décès de ton coéquipier Xavier Tondo récemment…
- Ca a été marquant aussi, bien sûr. Toutes les victoires de l’équipe, que l’on fasse le geste ou non, lui sont dédiées.

As-tu senti dans le peloton une sorte de désaveu à ton égard lors de son retour suite à ta suspension ? Par exemple sur le Tour 2013, le soir de l’étape où tu perds 10mn, Mollema a déclaré « Valverde pendant des années n’a pas été fair-play »…
- Non, je ne vais pas rentrer dans ce type de polémiques avec cette personne, qui est un coureur atypique, spécial. Lui peut penser cela mais les 90% du peloton non.

Dans ton équipe, c’est tout le contraire justement. Erviti déclarait récemment que t’avoir dans l’équipe est comme avoir Ronaldo ou Messi…Tes coéquipiers ont une grande confiance en toi.
- Oui, l’équipe a toujours beaucoup cru en moi, aussi bien les coéquipiers que le staff, et c’est super important. Avoir le soutien de tout le monde aide toujours à se dépasser.

Et vis-à-vis du public et de la presse ?
- Oui, je ressens le même soutien. Après c’est sûr qu’il y a des gens qui critiquent plus, et d’autres moins, mais globalement le soutien du public et de la presse continue d’être là.

Revenons un instant sur le dernier Mondial. As-tu échangé quelques mots avec Purito avant d’affronter les derniers km ?
- On a échangé quelques mots mais ça va rester entre nous. Ce qui s’est passé c’est passé : on est arrivé 2e et 3e. Peut-être que si on avait couru différemment on aurait eu l’or, soit lui, soit moi, mais ça ne s’est pas produit. On a eu 2 médailles pour l’Espagne et voilà. Après 270 km, de la pluie, du froid, la fatigue, on ne peut pas penser du tout pareil que quelqu’un assis dans son canapé. C’est très compliqué. Et très souvent même, on parle de choses en course auxquelles on ne se souvient plus ensuite.

Les choses auraient-elles été différentes avec les oreillettes ?
- Peut-être qu’il y a eu un peu d’indécision de ma part quand Rui Costa a attaqué, mais il y aurait eu autant d’indécision de la part du directeur sportif dans la voiture au moment de dire « Donne toi à fond pour le suivre ». Les oreillettes auraient sûrement changé les choses, dans un sens comme dans l’autre. Au bout du compte on a fait 2e et 3e et il faut s’en contenter.

Comment sont tes relations avec Purito et avec Contador ?
- Différentes. Par exemple, Alberto savait parfaitement quel était son travail et il l’a fait parfaitement : j’étais très content de lui. Mais Purito avait un autre rôle, qu’il a aussi bien rempli, et il a profité de l’opportunité qu’il avait. Lui et moi savons ce qui s’est passé, et voilà. Alberto n’est pas venu sur le  Mondial pour gagner : il est venu pour nous aider et il l’a très bien fait. Quand tout s’est terminé, Alberto et moi, nous nous sommes parlé. Lui sait à quel point c’est difficile de gagner, et que c’est parfois très facile de critiquer alors ce que nous avons réalisé est déjà quelque chose de très difficile.

Penses-tu que la sélection jouait plus collectif du temps d’Oscar Freire ?
- C’est évident que quand il y avait Freire, qui était notre grand atout, je donnais tout pour lui, je me sacrifiais. Ensuite c’est vrai que même si Freire faisait partie des meilleurs coureurs capables de gagner le Mondial, certains tracés ne s’adaptaient pas à ses caractéristiques. Il y avait d’autres coureurs pour lesquels ces tracés s’adaptaient mieux et c’était nécessaire de changer un peu les rôles.

Penses-tu que le prochain Mondial de Ponferrada puisse être ton dernier ? Il y aura sûrement une pression supplémentaire par rapport à ce qui s’est passé cette année.
- La pression sera exactement la même. Nous voulons gagner le Mondial et voilà, ensuite nous verrons commet se passe la saison, comment je marche, comment lui marche [Purito], comment marchent d’autres coureurs de la sélection…Peut-être qu’il y aura un autre coureur qui marchera très bien et il faudra alors compter avec lui.

Et penses-tu que ce sera ta dernière opportunité ? Les Mondiaux suivants te correspondent moins bien, ils sont plus plats…
- Je ne sais pas. Pour le moment on sait surtout que cette année le parcours était très dur et donc qu’il était très bien pour moi. Donc on ne sait pas si le prochain Mondial sera la dernière occasion, mais c’est clair que ce sera une belle opportunité. Disons que ce sera une autre opportunité. 

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girsstrar 13/12/2013 14:55

Le parcours du championnat du monde 2014 en Espagne vient d'être présenté sur cyclismactu.net aujourd'hui.
Certes un dénivelé de 4000 m est au programme, mais ce circuit sera-t-il suffisamment sélectif ?
Ce sera, à mon avis, la dernière chance pour Alejandro de revêtir enfin le maillot arc en ciel qu'il mériterait tant depuis quelques années!

Benoit Laurenti 13/12/2013 16:45

Tant mieux pour ce parcours, Ale est le seul à rentrer 100% dans le moule sur un tel tracé, par d'indécision vis a vis d'un Contador ou Purito. Leadership assuré.

Clément 13/12/2013 16:28

Déçu du parcours, je m'attendais à un tracé plus sélectif. En gros ça fait 300 mètres de dénivelé par tour, et plus précisément d'abord 200 mètres de dénivelé répartis sur 4 km (donc très roulant quoi), puis 100 mètres de dénivelé sur 2 km. Pas très terrifiant !

Bien sûr, la répétition fatiguera les coureurs mais ça pénalisera surtout les coureurs qui ne sont pas en grande forme. A mon avis c'est tout à fait possible que ça se termine en petit sprint...

Cela étant comme Valverde est bon sprinter et est très résistant, il a toutes ses chances, au même titre que Cancellara ou Sagan : finalement on retrouve toujours un peu les mêmes favoris ;) et ceci pour une raison simple, après 250 km et avec 4200m de dénivelé positif, ce sont les costauds qui jouent la gagne. La différence avec le tracé de 2013 c'est que cette fois je vois mal Rodriguez (et les purs grimpeurs/puncheurs en général) tirer son épingle du jeu, et c'est tant mieux pour Valverde au niveau du leadership dans la sélection espagnole. En revanche, d'un autre côté les coureurs comme Boasson Hagen ou Sagan (les sprinters qui passent bien l'accumulation de bosses, donc) ont plus leurs chances.

Tout compte fait, on devrait donc retrouver à peu près les favoris d'un Milan San Remo à mon avis.

joel 12/12/2013 18:32

Merci Clément : très belle interview. Des réponses intelligentes, posées, qui procèdent à des mises au point utiles (la prétendue malchance, les conditions météo, le final du championnat du monde). Pas de fanfaronnades: Alejandro est égal à lui-même, simple, modeste, parfaitement lucide.

mikesamborey 12/12/2013 09:00

Rassemblement Movistar à partir d'aujourd'hui.
On va en savoir + sur les programmes de la saison.

mikesamborey 12/12/2013 09:00

Rassemblement Movistar à partir d'aujourd'hui.
On va en savoir + sur les programmes de la saison.

mikesamborey 12/12/2013 09:00

Rassemblement Movistar à partir d'aujourd'hui.
On va en savoir + sur les programmes de la saison.

Greg 11/12/2013 20:05

Merci de toujours donner des news d Alejandro - Superbe cette interview

Bernard 12/12/2013 07:42

Oui, très bon interview. L'indécision, c'est quelques secondes de retard à l'allumage ceci dans un contexte de déception (Purito devant) et de fatigue (il revient sur le froid et la pluie). Cela dit, s'il avait eu le jus, c'était l'occasion de revenir sur Purito à la loyale et de le battre puisque Rui Costa faisait l'effort, donc la fatigue tient la route. C'est vrai que sans cet incident, on avait Valverde champion du monde, avec une saison 2013 en or, et un numéro 1 UCI probablement. De la rancœur, je ne sais pas, mais cette histoire le travaille comme nous (à un moindre degré naturellement)
Bon, il ne semble pas inquiet pour sa présence l'an prochain aux cdm.
Par ailleurs Anton à Movistar c'est un bonne nouvelle. Pourquoi Anton et pas Sanchez?

gabi 12/12/2013 00:35

Il parle d'indécision au moment de l'attaque de Rui Costa... Là il a changé son fusil d'épaule... car avant il disait qu'il ne pouvait pas le suivre... On sent une grosse rancœur vis à vis de Purito qui devait rouler pour Ale au moment du regroupement. Mais Purito a préféré accélérer pour essayer de surprendre tout le monde mais il n'a pas pu résister à Costa.

Benoit Laurenti 11/12/2013 19:38

Merci à Clément de me relayer ces derniers temps car justement... J'en manque ! Je suis toujours là rassurez vous et l'histoire est loin d'être finie ;)

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