Venga Valverde

Le blog des supporters de la Balaverde


Peyragudes, baroud d'honneur d'anthologie

Publié par Benoit Laurenti sur 29 Novembre 2012, 13:35pm

Catégories : #résumé, #moments forts

Avec du temps, et parcequ'il y a eu un peu d'actualité au milieu, voici le dernier volet des moments de la saison que vous avez choisi ! La plus belle victoire est attribuée à Peyragudes !

Le contexte :

D'un coté, il y a les cadors du général, Wiggins-Froome en première ligne. De l'autre, une playade de coureurs prêts à ramener un bouquet chez eux. Parmi eux, des rescapés de l'avalanche de chutes, des désespérés du classement général ou des équipiers qui ont eu leur bon de sortie pour l'occasion.

Valverde, qui n'a plus aucune ambition au général après un paquet de déconvenues, doit obligatoirement s'imposer à Peyragudes -dernière étape de montagne du Tour- s'il ne veut pas repartir bredouille. Mais ce ne sont pas seulement ses ambitions personnelles qui sont en jeu, mais celles de la Movistar. Une pression supplémentaire qui va l'accompagner toute l'étape, c'est sûr....

L'étape :

Pas mal de pluie en première partie de course, le premier col fait des dégâts. Devant, une bribe d'échappée se dessine avec du beau monde en veux tu en voilà : Rolland, Voeckler, Peraud, Martin, Valverde, Cobo, Kessiakoff, Menchov, Taraamae, Ten Dam, Vanendert, Moinard, Casar et Sorensen. Cependant, cette échappée ne sera pas la définitive. Lorsque les coureurs basculent au premier GPM de la journée, ils ne sont plus que 7 : Casar, Valverde, Péraud, Costa, Martinez, Voeckler et Kessiakoff. Ils abordent une descente humide et dangereuse où le squale Nibali va se regaler. Jonction faite, il condamne pour ainsi dire la belle échappée. Derrière, Sky embraye, et devant, Valverde s'impose en patron et demande à Nibali de se relever. Une poignée de main et puis s'en va. C'est aussi ça, la course.

Quoi qu'il en soit, les 7 possèdent 1 minute d'avance, trop peu pour freiner les ambitions de certains, et donc, à 100 kilomètres du but... Les attaques fusent de plus belle ! Un second groupe rejoint donc le premier après 25 kilomètres de chasse acharnée. Ce sont finalement 10 hommes qui ont rejoint les 7 de devant : Plaza, Kadri, Stortoni, Vinokourov, Hoogerland, Sorensen, Weening, Ten Dam, Leipheimer, Izaguirre et Asanza.

Si Sorensen capitule à cause d'une chute, le reste des fuyards taille la route tout droit direction Peyragudes. Sauf qu'avant, il faudra se farcir le port de Balès et ses contreforts qui commencent alors qu'il reste 55 kilomètres de pure folie à parcourir. 55 kilomètres qui nous feront vibrer plus que de raison. Une cuillière à soupe de stratégie, une once de réussite, le tout saupoudré d'une hargne hors du commun, voici la recette qui va emmener Valverde et la famille Movistar vers la victoire.

Pendant ce temps, 3 ibériques se sont fait la belle dans le port de balès. Asanza et Izaguirre pour Euskaltel et Plaza pour Movistar. Kadri et lui feront un chassé croisé, car Plaza doit travailler pour Valverde à l'arrière. 45 kilomètres pour le trio qui possède 40s d'avance sur le reste du groupe et presque 3 minutes sur le peloton. 2 kilomètres plus loin, le port de Balès, le vrai, le difficile, va changer encore une fois la structure de l'échappée. Leipheimer, Costa et Valverde vont rejoindre le groupe à l'avant, qui possède encore 20s d'avance. Il faudra la jouer fine, car avec deux coureurs dont Valverde, la Movistar est à la fois avantagée par le surnombre, mais coincée par l'obligation de rouler, et donc de s'affaiblir. La première partie de la mise en orbite de Valverde prend forme. Costa s'échappe et gagne quelques encablures. Il reste 5 kilomètres avant la bascule et derrière les euskaltels sont obligés de rouler ! Martinez attaque, Valverde contre, et hop, les deux Movistar se retrouvent isolés à l'avant ! Costa ne laisse aucun relai à un Valverde qui reçoit la juste récompense de son travail en faveur du portugais lors du Tour de Suisse. Vient alors le moment tant attendu, Valverde porte l'estocade. Il s'en va, seul, avec des 2 minutes 20s d'avance sur le peloton comme butin. Il bascule et fonce vers le col de Peyresourde. 17 kilomètres plus tard, 25 du but, la Bala a conservé la même avance sur le peloton, et 50s d'avance sur le duo Costa-Martinez.

Dans l'ascension, Valverde ne perd pour ainsi dire rien. kilomètre après kilomètre, il se rapprche un peu plus de la victoire. Il bascule une dernière fois pour affronter la courte mais difficile ascension finale vers Peyragudes. Derrnière, les esprit s'échauffent et l'écrémage s'opère. L'avance fond comme neige au soleil et à 3 kilomètres du but, l'écart passe sous la minute. Y arrivera t-il ? Derrière ça roule fort, et les duo Rolland-Pinot pour les français ou Froome-Wiggins pour les britanniques semblent prêts pour aller chercher une gagne de prestige. Le duo de la Sky finit par s'envoler, et va jouer un jouer un jeu peu appréciable mais qui va certainement sauver la peau d'El Imbatido. De mon coté, mètre après mètre, j'attend. 400, 300, 200, 100... Bingo ! La victoire est au bout, avec finalement 19s d'avance. Quel bonheur ! Cette victoire sauve le Tour de Valverde, mais aussi celui de la Movistar qui a vraiment été excellente toute la journée.

En larme, il s'exprime au micros espagnols : "C'était une étape difficile, on a beaucoup tenté de choses, on a pas arrêté, on a pas réussi à creuser un vrai écart, vraiment difficile. Quand j'étais seul devant, je pensais à donner tout ce que je pouvais, aller puiser dans mes réserves, dans le final je me suis dit que j'allais me faire rattraper mais finalement quand j'ai vu que j'étais tout seul c'était une sensation indescriptible. Quand on est victimes de chutes comme cela c'est très difficile de se battre contre des Wiggins, des Froome. Mais je préfère penser à ma victoire d'aujourd'hui."

Yvon Ledanois, son directeur sportif, à propos de la victoire du jour : "Tactiquement on a fait ce qu'il fallait, on a joué de malchance hier dans l'échappée, on devait mettre Alejandro devant, on avait à coeur de faire une belle étape, tout le monde a fait sa part de travail comme il fallait le faire. Alejandro est un champion, comme tout les champions il meurt jamais et quand on a la classe on l'a pour tout la vie."

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Commenter cet article

Clément 04/12/2012 08:52

Alejandro reprendra à Majorque ! Il a l'air très motivé, il s'entraîne bien, il y a un petit article sur un site espagnol ;

titouan 03/12/2012 20:40

la meme j'étais tellement heureux et le pire c'est que je savais qu'il allait gagner

Corsica 02/12/2012 10:48

J'en ai pleuré !

supermamy 29/11/2012 19:39

Quel souvenir!!j'en ai encore des frissons!!!!!! et j'étais là pour le voir!
Super article Benoit!

Paul 29/11/2012 22:41

Bien joué pour l'article!Ça me rappelle Plumelec,la meme fierté..et pourtant,il n'y a aucun rapport dans la victoire^^
Meme l'article m'y fait penser,dans la manière de mettre Valverde en valeur.
Vivement qu'il mette des pilules a Philippe l'an prochain!

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