Au lendemain de ses 35 ans, Alejandro s'offre le plus magnifique des cadeaux avec la Doyenne et réalise ainsi le doublé Flèche-Liège pour la 2e fois de sa carrière, performance jusqu'ici seulement réalisée par Ferdi Kübler (1951 et 1952)
--- Triple vainqueur de Liège : 2006, 2008, 2015 --
Il rejoint le cercle composé désormais de 6 coureurs à l'avoir remporté au moins 3 fois
Il devance des champions comme Hinault, Kelly, Bettini et Bartoli (2 victoires chacun)
-- Ses ardennaises 2015 : 2e de l'Amstel, 1er de la Flèche, 1er de Liège --
Il réalise cette semaine la meilleure campagne d'ardennaises de toute sa carrière
Ses deux dernières campagnes : 3 victoires, 2 deuxièmes places, 1 quatrième place
- C'était le destin : 3e de Liège 2013, 2e de Liège 2014, 1er de Liège 2015 -
7 podiums en 10 participations
50% de 1eres ou 2e places
C'est le visage marqué par l'effort qu'Alejandro Valverde, lève les bras, une fois seulement la ligne franchie, toutes les précautions prises, loin, très loin de son émerveillement presque candide de sa victoire de 2006 où il avait levé le poing en souriant, et sa facilité de 2008 où il avait laissé exploser toute sa rage de vaincre après une saison 2007 marquée par de frustrantes places d'honneur. Cette fois, c'est épuisé physiquement et mentalement qu'il s'est imposé, sous la pluie, après avoir dû résister dans le final, sans équipier, pour contenir les attaques de ses multiples rivaux, seul et contre tous. C'était vraiment lui et les autres, et il a réussi l'impossible - car franchement, entre nous, je n'y croyais plus, d'abord avec l'offensive très dangereuse de Kreuziger et Caruso, rejoints ensuite par un Fuglsang costaud, puis avec l'ascension de la côte de St-Nicolas où il donnait l'impression d'être juste, de s'accrocher péniblement, et enfin dans le final où les attaques pouvaient surgir de toute part - je redoutais une banderille du satané Costa notamment -, et qui a accouché d'un démarrage qui a bien failli mettre tout le monde d'accord : celui de Dani Moreno. Celui-ci commençait à prendre mètre par mètre, en deux coup de pédale il s'était envolé, Valverde semblant piégé derrière, et c'est le scénario d'une énième deuxième place qui se profilait dangereusement. Mais Valverde maîtrisait son affaire et en parfait connaisseur du finish, lui qui se bat sur ce terrain année après année depuis pile une décennie, savait où se situait le point critique, passé lequel il serait trop tard pour revenir sur l'homme de tête. Aux 500 mètres il lança alors la machine (il était temps !), et la Balaverde revint alors avec une facilité déconcertante sur le coureur de Katusha, avec Rodriguez collé à ses basques. Tout restait pourtant à faire avec 10 coureurs sur le porte-bagage (qui n'avaient pour la plupart pas donné un coup de pédale), et pas des moindres (Rodriguez, Costa, Bardet, Henao, Pozzovivo, Kreuziger, Fuglsang, Alaphilippe...du très beau monde). Mais il l'a fait. Il a jeté ses dernières forces dans la bataille et il l'a fait. C'est la victoire d'un sang-froid exceptionnel. D'une maîtrise tactique absolument bluffante.



Commenter cet article