Après une 1ere semaine bien intensive, le Tour a à peine eu le temps de souffler que démarre ce mardi la séquence pyrénéenne avec une première arrivée au sommet, exigeante, à La Pierre Saint Martin. Lendemain d'étape de repos + chaleur prévue (28 degrés) + pourcentages difficiles + pure montée sèche (sans "échauffement" qui aurait pris la forme d'un col préalable) = cocktail gagnant pour créer des écarts et/ou nettement faire ressortir les maillons forts et faibles des présumés favoris. Froome imposera-t-il sa domination tant redoutée ? Quintana parviendra-t-il à le mettre en danger ? à tenir tout simplement à tenir sa roue ? Nibali craquera-t-il ? Quid de Contador ? Et Van Garderen sera-t-il aussi fort que lui et la BMC l'espèrent ? Nous, ce qui nous intéresse avant tout, c'est de voir ce que donnera Alejandro.
Ce dont il faut se réjouir, c'est qu'Alejandro entame la montagne sans blessure ni virus, donc en pleine possession de ses moyens, et avec une forme (affichée ces derniers jours) très positive. Alejandro a expliqué lors de la journée de repos qu'il avait bel et bien planifié de monter en forme crescendo : "En analysant le parcours et en sachant qu'ensuite j'avais la Vuelta de prévu, on en a conclu que même si cette 1ere semaine était importante, le plus dur venait à partir de maintenant. On s'est bien entraîné en altitude, mais on avait planifié d'arriver à 100% non au départ de ce Tour, mais pour maintenant. Je suis proche ou presque d'être à 100%, moi et toute l'équipe." C'est la stratégie adoptée par la Movistar depuis quelques Grands Tours déjà, en particulier sur le Giro remporté l'an dernier par Quintana. Pour cette raison, je m'attends à ce que Froome soit très fort dans les Pyrénées, et à ce que Quintana et Valverde donnent toute la mesure de leur talent dans les Alpes en 3e semaine. Quoi qu'il en soit, avec cette déclaration nous voilà fixés et entièrement rassurés. Alejandro dit noir sur blanc qu'il n'était pas au top au départ (ce qui nous avait inquiétés lors du mur de Huy) mais que c'était bel et bien prévu. Et son plan semble fonctionner puisque depuis quelques jours - et on l'a vu sur le chrono par équipe où lui et Quintana voltigeaient dans la côte - il a retrouvé du peps !
Alejandro ajoute ceci : "On va se battre pour Nairo et ensuite on pensera à la Vuelta". Il garde donc le même discours qu'il a toujours tenu : jouer la carte Quintana pour le général. Cela étant, il n'est pas leader, certes, mais ce mardi, dans la montée finale (asphyxiante dans sa 1ere partie) ce sera "sauve-qui-peut" ; les aspects tactiques ne pèseront pas lourd face aux jambes de chacun. Si Alejandro se montre fort, il obligera Unzue à le considérer comme un véritable autre leader.
Quoi qu'il en soit, en 3 jours, le Tour va connaître deux de ses plus dures étapes des 3 semaines : ce mardi (la 1ere grande arrivée au sommet est toujours très riche en enseignements sur le Tour) puis jeudi au Plateau de Beille, pour moi LA grande arrivée de ce Tour. Une stat très éclairante relevée par L'Equipe dans son édition de ce mardi : sur les 5 fois où le Tour est arrivé au Plateau de Beille, à 4 reprises le vainqueur ce jour-là a ensuite remporté le Tour dans la foulée (Pantani 1998, Armstrong 2002 et 2004, Contador 2007). C'est dire l'enjeu. Entre ces deux étapes, les coureurs devront franchir mercredi l'enchaînement Aspin-Tourmalet. Bref, les 3 journées à suivre vont être déterminantes. Et le suspens ne s'arrêtera pas en si bon chemin puisque vendredi (à Rodez) et samedi (à Mende), deux belles opportunités attendront Alejandro...après le stress de la 1ere semaine où l'on était plutôt sur la défensive, place maintenant au grand spectacle : il est temps de dévoiler ses cartes !

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