Alejandro montera cet après-midi sur le podium du Tour d'Italie.
Pouvait-il mieux faire ? La victoire finale était-elle atteignable ? Le débat existe, entre nous notamment. Il me paraît clair qu'il n'a pas pu compter sur une Movistar assez forte pour l'épauler. Mais je fais partie de ceux qui sont heureux de ce podium.
Heureux parce que ce podium était rien de moins que l'objectif qu'il s'était fixé, annoncé depuis cet hiver. Avec ce résultat, il réussit absolument à 100% sa 1re partie de saison, et donc en partie sa saison. Victoire sur la Flèche Wallonne puis podium du Giro + 1 étape : honnêtement je crois qu'on pouvait difficilement espérer mieux. S'il avait fait beau sur Liège, on aurait pu rêver d'un nouveau doublé Flèche-Liège, mais d'un autre côté, Alejandro a évité les mauvaises conditions météos qui sévissent parfois sur le Giro, et là-dessus il a eu de la chance.
Cette performance a comme un goût de 2015 - certes en moins intense car le podium du Tour, c'était bien plus fort encore, il le voulait depuis bien plus longtemps, mais tout de même : ce podium sur le Giro a une véritable valeur qu'il ne faut pas sous-estimer, sous prétexte qu'Alejandro aurait peut-être pu mieux faire encore.
D'abord parce qu'il l'obtient dès sa 1ere participation au Giro, ce qui est quelque chose d'important : ça consacre noir sur blanc s'il le fallait que c'est un des rares champions capables de briller absolument partout y compris sur un Grand Tour dont on disait qu'il ne lui correspondait pas. Il réalise ce petit exploit d'être monté sur le podium des 3 Grands Tours ; une performance forte. Ce n'était pas "normal" que Purito ait réussi cette perf et pas lui : c'est désormais chose réparée ! Il y a encore un an, Valverde vis à vis des Grands Tours, c'était avant tout un spécialiste de la Vuelta : 1 victoire, 5 podiums. Maintenant, c'est un véritable champion de Grands Tours : 1 Vuelta, 1 podium du Tour, 1 podium du Giro. En moins d'un an, il a pris une autre dimension sur les Grands Tours. Ca vient rééquilibrer son profil de résultats, qui commençait à pencher nettement vers les courses d'un jour depuis 2014. Valverde coureur complet : il n'a jamais aussi bien mérité cette expression.
Comme un goût de 2015 aussi parce que ce podium, lui aussi, était loin d'être gagné, on l'a bien vu ensemble (d'ailleurs merci pour tous vos commentaires sur le blog qui m'ont permis de suivre la course à tout moment!). C'était un Giro à multiples rebondissements, entre Dumoulin qui a fait illusion un temps, le duel Nibali vs Valverde pour lequel j'écrivais qu'il était quasiment certain qu'il se jouerait la victoire finale, avant de faire mon mea culpa 24h plus tard (...finalement, il n'y avait pas besoin !), le drôle d'oiseau SK alias "je n'ai pas de points faibles", Chaves qui semblait vendredi matin le favori logique à la victoire finale, et enfin Nibali qui ressurgit quand on ne l'attendait plus...(sans parler de la chute de Zakarin) ! Dans tout ça, Valverde a bien résisté. Il s'en sort bien, il mérite son podium, et il est à sa place.
"Il a le moral et la morale" : très belle formule de Bernard, soulignant en creux les doutes légitimes que l'on peut avoir sur la résurrection de Nibali. On ne récupère ainsi d'une anémie en quelques heures. Cela étant, nulle rancoeur pour ma part : je pense tout de même que Valverde n'a pas autant de talent que Nibali en montagne et pour les Grands Tours, et qu'il n'y a aucune honte à cela, d'une part car Nibali malgré toute sa part d'ombre reste un sacré champion, et d'autre part car lui n'a jamais eu et n'aura jamais le talent d'Alejandro sur les courses d'un jour par exemple, ni toute sa régularité tout au long de l'année et au fil des saisons.
Pour toutes ces raisons, je suis plus que jamais fier d'Alejandro en ce dernier jour de ce qu'il avait annoncé être "son premier grand objectif de la saison". Ce Giro, c'était un pari : il l'a réussi.




Commenter cet article