Passé le suspens sur la participation d'Alejandro à cette Vuelta, passé le temps des analyses suite à son annonce, il est désormais grand temps de se pencher sur ce que réservent les trois prochaines semaines ! J'avoue découvrir maintenant le menu de cette édition et, je ne sais pas pour vous mais c'est un peu l'état d'esprit qui me guidera en tant que supporter pendant cette Vuelta : tout comme Alejandro la disputera sans pression, je suivrai ses performances sans stress, car il n'a aucun objectif de victoire finale ni de podium, aucune pression (le leader de la Movistar sera Quintana), ce qui change beaucoup de choses. On prendra les choses au jour le jour !
Le défi du top 10 ? Je suis confiant. Alejandro est doté d'une faculté de récupération rare. Et il dispute "son" Grand Tour, qui lui a si souvent réussi. Evidemment, il ne faut pas prendre la chose pour acquise. Néanmoins, s'il devait advenir qu'il n'y parvienne pas, alors je crois que ça ne se jouera pas à une ou deux places près. Si Alejandro doit craquer, ce n'est pas entre 11e et 15e qu'il finira. Et l'on n'aura dès lors pas de regrets, quel que soit le résultat. L'important, le plus important même, est qu'Alejandro s'écoute, et ne force pas outre mesure s'il sent qu'atteindre cet objectif de top 10 doit lui coûter beaucoup. Dans 8 mois, Alejandro aura 37 ans. C'est un beau défi dans lequel il se lance mais cela ne doit pas se faire au détriment d'une (avant-?)dernière très belle saison 2017, qu'il a dans les jambes, j'en suis persuadé.
Cela étant s'il a décidé de courir cette Vuelta, c'est qu'il s'en sent capable, et pas qu'un peu. A 36 ans, Alejandro a une longue expérience des Grands Tours et de la résistance sur 3 semaines. C'est pourquoi je suis confiant. Espérons qu'il n'ait pas à sacrifier de possibles beaux résultats pour Quintana, qui, s'il se sent très fort, peut gagner sans Alejandro, et s'il n'est pas assez fort, ne battra de toute façon pas Froome et Contador malgré l'aide potentielle d'Alejandro.
Le tracé
L'épreuve commencera samedi par un assez long chrono par équipe (29 km), tout plat. Dès les lundis et mardis (3e et 4e étapes), deux arrivées respectivement en 3e et 2e catégorie attendront les coureurs, mais rien de majeur. La 1re arrivée au sommet sera le samedi suivant (27 août), pour la 8e étape, avec un col de 1re catégorie (arrivée à La Camperona) au bout de 170 kms plats comme la main. La difficulté s'accuentera le surlendemain (lundi 29), avec un col de 1re catégorie suivi d'une arrivée hors catégorie aux Lagos de Covadonga, "le 1er test" pour les favoris selon le directeur de la course Javier Guillen. Le surlendemain (mercredi 31) après une étape de repos, se disputera une autre arrivée 1re catégorie à Peña Cabarga.
Le week-end possiblement décisif sera celui du 3 et 4 septembre avec l'étape reine que sera la 14e étape, le samedi 3 septembre, entre Urdatx-Dantxarinea et l'Aubisque - une succession de trois cols de 1re catégorie puis le col de l'Aubisque (hors-catégorie) - puis une étape courte le dimanche (120km) mais très dense (un 3e cat., un 2e cat., puis arrivée au sommet en 1re cat). Il restera alors le mercredi 7 septembre (17e étape) une nouvelle arrivée en 1re catégorie, puis le morceau final avec le seul CLM individuel (très plat malheureusement pour Alejandro et pour les rivaux de Froome), de 37 km, lors de la 19e étape, puis une dernière étape de montagne avec une arrivée hors-catégorie la veille de l'arrivée.
Dans l'ensemble c'est donc un Grand Tour assez montagneux (même si on connaît les "arrivées 1re catégorie" de la Vuelta : elles sont rarement bouleversantes pour le classement général). Comme toujours, la dernière semaine est exigeante et favorisera donc les hommes frais.
Les 3 étapes importantes pour le général, à mon sens (outre les chronos) : la 10e étape le lundi 29 pour le 1er test des favoris ; surtout, la 14e étape, reine, le samedi 3 septembre ; et la 20e étape le samedi 10 septembre.
Les 4 autres étapes intéressantes à voir : la 3e étape avec une arrivée courte pour puncheurs (1,8km à 13,8% avec un passage à 28%) ; la 9e étape le dimanche 28 (succession de 5 bosses dans le final, dont l'arrivée en 2nde catégorie) ; la 11e étape qui se termine au sommet à Peña Cabarga ; et la 15e étape après presque 30km d'ascension finale.
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Les prétendants
* Contador - Froome - Quintana : considérés comme les 3 meilleurs grimpeurs du monde, ils sont sur le papier favoris pour la victoire finale, et pour accaparer les trois marches du podium. Sur le papier.
* Chaves - Kruijswijk : les deux outsiders qui semblent les plus crédibles pour s'approcher du podium. Vu le talent de Chaves, il est d'ailleurs tout-à-fait envisageable qu'il termine devant l'un des trois favoris.
* Valverde : top 10 ? top 5 ? Impossible à prédire en l'absence de référentiel dans ce contexte inédit. Difficile de l'imaginer totalement hors-jeu lui qui n'a jamais terminé au-delà de la 7e place. Les bonifications aux arrivées d'étapes peuvent lui être bénéfiques - je pense en particulier aux 3e, 4e, 9e, 12e et 15e étapes qui peuvent lui correspondre et représentent autant d'occasions de victoires. Dès lundi (3e étape), sur une arrivée type "mur de Huy", on aura une bonne indication de sa forme actuelle.
* S.Yates - Talansky - Van Garderen - Meintjes - Peraud - S.Sanchez - Barguil : les principaux noms susceptibles de concurrencer Valverde pour le top 10...ainsi que les deux de ci-dessous !
* Miguel Angel Lopez : la révélation de l'épreuve ? Leader d'Astana en l'absence d'Aru et de Nibali, il peut prétendre au top 5 s'il confirme toutes les attentes placées en lui. Côté Français on suivra avec attention Pierre-Roger Latour, au talent indéniable, et dont les jambes sont très bonnes en ce moment...Pour tous les deux, ce sera leur 1er Grand Tour.
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