Un mélange d'espoir et d'excitation : c'est ce qui animent une large partie des suiveurs au départ de ce Tour. Il se murmure que Chris Froome serait battable...Des résultats très moyens cette année de la part du leader de la Sky, ajoutés à un parcours piégeux, alimentent le sentiment que ce Tour serait particulièrement ouvert et que la victoire d'un challenger est une hypothèse réaliste.
Je ne sais pas ce qu'il en est réellement. Cette année, je suis comme St Thomas: j'attends de voir Froome à la peine pour le croire. On commence à le connaître, le bougre : parfois dans les dernières positions du peloton pendant plusieurs km d'une ascension, il nous a donné l'habitude de remonter un à un ses concurrents dans les moments décisifs, montrant ainsi qu'il ne fallait jamais l'enterrer trop vite. Cette année, il se pourrait bien qu'il se soit préparé spécialement pour viser à la fois la victoire sur le Tour et la Vuelta (qui lui résiste depuis un moment ; bien possible que ça l'agace...), ce qui expliquerait une 1ere partie de saison inhabituelle. Et en même temps, qui sait si toute l'affaire Sky du début de saison (le mystérieux paquet de Wiggins sur le Tour 2011, les mensonges par omission de Brailsford...) n'a pas perturbé sa préparation...La rumeur veut même qu'il songerait à quitter la Sky, dans laquelle il ne serait plus à l'aise.
Dans ce contexte, l'hypothèse d'un Froome affaibli est prise au sérieux par beaucoup. Porte me semble être son rival le plus costaud, mais reste à savoir s'il saura éviter les pépins et les jour-sans. Si c'est le cas, le voir remporter ce Tour serait tout sauf surprenant. Quintana, de son côté, devrait en théorie être affaibli par ses efforts du Giro, mais lui et Unzue appuient l'idée selon laquelle le Giro l'aurait en réalité fortifié pour juillet...à voir. Les données d'entraînement du Colombien n'auraient jamais été aussi bonnes selon le staff de la Movistar !
Quant à notre champion, Alejandro el maestro, il n'a jamais été aussi fort qu'en 2017, mais il va lui falloir un alignement des planètes pour que notre rêve de le voir s'échapper de l'obligation d'aider Quintana pour jouer la gagne se transforme en espoir puis en probabilité....A tout le moins, on le suivra avec d'autant plus de plaisir sur ce Tour (le 10e de sa carrière !) qu'on aura bien en tête qu'il s'agit d'une des dernières fois...en tout cas avec ce niveau ! En termes de pronostics, je le place à égalité avec Contador (qu'il a battu plusieurs fois cette année), Bardet (très régulier) et Aru (qui semble avoir retrouvé des couleurs).
In fine, si je devais définir des "strates d'espoirs", je citerais dans l'ordre croissant :
1/ espoir que Froome n'écrase pas ce Tour et ne fasse pas de ces 3 semaines un voyage sans suspens. Je n'oublie pas que le Tour 2016 fût d'un ennui particulièrement profond, à cause de sa domination et d'un Quintana décevant - d'où le fait que je reste prudent cette année...Et ne nous mentons pas : Froome est entouré cette année encore d'une Sky vraiment très solide - un atout clef.
2/ espoir que Porte ne soit pas le seul rival de Froome...ce serait mieux que rien, mais pas extrêmement réjouissant non plus...Pour éviter ce duel stratosphérique, misons sur des offensives des Movistar, des Trek, des Astana, de Chaves, Bardet, etc. La Sky est prenable en perturbant sa belle mécanique grâce à des coups tactiques d'envergure, lancés dès le début d'étapes.
3/ espoir que Valverde, libéré de toute pression, d'obligation de résultats, illumine ce Tour de sa classe.
Un motif d'espoir : les Tours partis d’Allemagne ont toujours couronné un vainqueur inédit : Felice Gimondi (1965), Joop Zoetemelk (1980) et Stephen Roche (1987).
Qui-plus-est, Le Monde nous apprend que "le carnaval de Düsseldorf s’est fait une spécialité de ridiculiser les puissants". Or la Movistar est justement loin de la puissance financière de Sky et BMC, aux budgets considérables.
Alors qui sait...

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