Retour sur une superbe course, dantesque, où Alejandro nous a bluffé, en se montrant plus costaud que tous les spécialistes des flandriennes, que ce soit Sagan, Kwiatkowski, Van Avermaet, ainsi que les autres grands noms présents (Nibali, Dumoulin, etc.). Eblouissant, il était probablement le plus fort de la course, mais perd pour des raisons essentiellement tactiques, après être resté avec Sagan et Kwiatkowski lors des moments décisifs. On gardera toutefois en mémoire :
-le début de la retransmission tv où on l'a vu d'emblée dans les toutes premières positions d'un peloton déjà bien réduit, alors que nous étions plusieurs à nous inquiéter la veille au soir, aussi bien en raison de sa maladie de début de semaine, de son trajet perturbé pour rejoindre le départ et surtout des conditions météos terribles (les photos ci-dessous parlent pour elles !).
-son attaque à plus de 50 km de l'arrivée, qui créé la sélection et ouvre vraiment les hostilités. Alejandro à l'offensive sur le terrain des flandriens : on en rêvait, on le voyait enfin à l'oeuvre !

-sa nouvelle accélération à 48 km du but, qui le propulse seul en tête pour quelques instants devant un petit groupe de costauds. Moment incroyable pour nous : non seulement Alejandro est en forme, mais il semble même le plus fort du lot ! Très facile, Alejandro hésite néanmoins à poursuivre son effort, aussi loin de la ligne. Il décide finalement de rentrer dans le rang. Il se fera piéger par la suite, en restant aux côtés du groupe des favoris, alors que la course se jouait avec des attaques devant.
-les retrouvailles dans le final : après une longue attente sans nouvelle d'Alejandro, resté dans le groupe Sagan à l'arrière, on découvre qu'il a lâché Sagan et Kwiatkowski à la pédale pour rejoindre le groupe de poursuivant derrière Bardet et Van Aert (qui finiront 2e et 3e). Décidément très fort.
-son sprint dans les ruelles dallées montantes vers l'arrivée, où personne ne lui résiste pour la 4e place.
Jamais Alejandro n'est apparu aussi fort aujourd'hui. Lui-même le dit, dans un très bel article d'El Periodico publié hier : « Je me sens comme jamais, comme si l’accident n’avait pas eu lieu et sans doute meilleur que quand j’avais 27 ans. En avril je fêterai mes 38 ans, mais je suis plus fort qu’à 31 ou 32 ans, l’âge auquel je pensais raccrocher quand j’ai commencé en 2003. Mon changement s'est produit sur le podium du Tour, en 2015. Là-bas, toute la pression s'est envolée. Désormais ce sont les autres qui l'ont. Je vais aller aux JO de Tokyo et alors peut-être, en 2020 à 40 ans, il faudra penser à raccrocher ».
Comme l'écrit Fabrice dans un commentaire de l'article précédent, "plus rien ne semble pouvoir l'arrêter désormais. Ni le froid qu'il redoutait tant auparavant, ni les routes glissantes malgré le traumatisme de Düsseldorf (je me suis rappelé en le voyant si à l'aise hier qu'il avait remporté officieusement une course de VTT en 2011)". Avant d'ajouter, à juste titre..."En toute objectivité, et avec le souci de conserver une certaine mesure dans mes propos, je dirais que ce coureur est un p.... de génie du cyclisme" !
Photo Movistar Team
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