Chose rare : à quelques jours de la fin du Tour, nul ne peut affirmer avec quasi-certitude qui le remportera. L'encombrant statut de favori repose sur les épaules de Pinot, mais il est évident qu'il doit se méfier d'Alaphilippe et peut-être plus encore du duo Thomas-Bernal qui reste évidemment dangereux. Sans parler de Kruijswick qui rode et qui parait très bien parti pour finir sur le podium...
Je suis Alejandro parce que j'aime le beau vélo, et c'est pourquoi pour ma part je me régale de cette 2e partie de Tour, et que je soutiendrai Pinot (au style très combatif, et au talent certain depuis tout jeune) sans réserve.
Cette situation présente un avantage en creux : faire reposer moins d'espoirs sur Alejandro. Autrement dit, ne pas être déçu en fin de Tour si d'éventuelles aspirations n'étaient pas comblées.
La perspective qu'il termine ce Tour sans victoire d'étape se rapproche désormais à grands pas. Pour autant il n'y a pas lieu d'être déçu si cela se confirme : bien sûr, je rêve (j'aurais rêvé ?) d'une victoire avec son beau maillot, mais son Tour a été très bon jusqu'ici, un sans-faute total, et le voici qui pointe, à 4 jours de l'arrivée, à la 8e place du général, à 39 ans ! Il fallait remonter à 1996 pour voir un champion du monde dans le top 10 du Tour en dernière semaine (Olano).
Alejandro juste derrière Landa au général à 4 jours de l'arrivée, avec seulement 6" d'écart, et avec 4mn30" d'avance sur Quintana : quelle ironie pour celui qui était uniquement équipier de luxe au départ. Il ne cesse d'impressionner, cf son niveau dans les Pyrénées qu'on espère voir confirmer dans les Alpes (voire encore améliorer ? Qui sait!). Au-delà de son niveau, il dégage une impression de sérénité qui, comme pour Pinot, fait la réussite de cet homme. Eurosport.fr relatait d'ailleurs tout à l'heure ceci : "au milieu du peloton, Alejandro Valverde est en mode détente sur cette 17e étape. Au moment de franchir la ligne du sprint intermédiaire, le champion du monde a tout simplement levé les bras... comme s'il venait de remporter une étape."
Le contraste avec le Tour 2018 est saisissant et c'est ce qui compte le plus. Cela augure de belles choses pour la suite, que ce soit cette semaine ou plus tard dans la saison.
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