Moins d'une semaine après l'arrivée du Tour, Alejandro reprend ce samedi la compétition à l'occasion de la Clasica San Sebastian, devenue pour lui une "étape" traditionnelle (mais non sans importance!) entre le Tour et la Vuelta.
Traditionnelle certes...et pourtant, absente de son programme depuis 2016 (en 2017, il commençait tout juste à se remettre de sa chute sur le Tour ; en 2018, il était fatigué à la fin du Tour). C'est donc des retrouvailles qui l'attendent, sur une épreuve qui lui a très souvent réussi (deux fois 1er, deux fois 2e, deux fois 3e, soit le record de podiums de l'histoire de la course). C'est simple : sur ses 4 dernières participations, il n'est jamais sorti du podium (2e en 2013, 1er en 2014, 3e en 2015, 3e en 2016) ! Il faut remonter à 2012 - une année qui avait été compliquée pour lui - pour le revoir situé plus loin (26e).
Cette réussite impressionnante doit cependant être contrebalancée par un autre fait : depuis son succès au Mondial, Alejandro court toujours après sa première victoire - et même son premier top 5 - sur une classique, malgré ses belles places d'honneur sur Milan San Remo (7e) et surtout le Ronde (8e) - notons d'ailleurs que paradoxalement, ses plus belles performances sur les classiques cette année ont jusqu'ici été réalisées sur deux courses qui ne sont pas son terrain de prédilection, puisqu'il avait souffert sur les classiques pour puncheurs (Amstel : 65e ; Flèche : 11e ; Liège : abandon). Cette Clasica est donc aussi l'occasion de renouer avec la réussite sur un type d'épreuve qu'il affectionne, où il a pu exploiter par le passé toutes ses qualités de puncheur/grimpeur, de descendeur et de sprinter.
Pourquoi y croire ? Parce que les conditions semblent réunies. Il a l'air d'avoir fini le Tour en très bonne forme comme en témoigne cette fameuse dernière arrivée au sommet. La frustration d'être passé à côté d'un beau succès d'étape pourrait l'amener à un surcroît de rage samedi pour s'imposer. On peut imaginer que contrairement à bon nombre d'autres coureurs du Tour, Bernal et Alaphilippe en tête, il garde un sentiment d'inachevé, celui de ne pas avoir pu exploiter toute sa forme, et que cette Clasica arrive à point nommé pour prendre sa revanche. Cerise sur le gâteau basque, les conditions météo seront parfaites pour lui samedi.
S'il l'emporte, il rejoindrait le recordman de victoires sur l'épreuve, l'Espagnol Lajarreta, avec 3 succès. Pour l'heure Valverde est ex-aequo avec Jalabert, Casagrande et Luis Leon Sanchez (2 victoires).
Pourquoi rester mesuré ? Parce que le plateau est particulièrement relevé. On ne sait qui pointer en particulier tant le danger peut venir de différents côtés. Alaphilippe, Van Avermaet, Gallopin, les Yates, Mollema, Wellens, Woods, Benoot, Bernal, Pogacar, Mas, Gaudu, D. Martin, Fraile, Bilbao, Madouas...Sans parler de la présence de Landa, lui aussi très en forme à la fin du Tour, et qu'on n'a pas très envie - honnêtement - de voir piquer la vedette à Valverde ce samedi.
Pour autant, si l'on considère que le vainqueur le plus probable sera un coureur qui est à la fois excellent puncheur (la dernière côte, 1.9km à 10,8% de moyenne, devrait être décisive, avec un sommet à 9km de l'arrivée), en bonne forme, qui a disputé le Tour, et qui a déjà brillé sur cette épreuve, alors Alejandro est celui qui colle le plus au portrait robot, parmi une petite poignée de coureurs. Il est du reste, de tout le peloton samedi, celui qui a la plus grande expérience de la Clasica, avec 11 participations, loin devant les autres (Van Avermaet, Roche et Vanendert avec 8 participations).
A noter les forfaits de quatre leaders d'Astana - Luis Leon Sanchez (double vainqueur et toujours dangereux ici), Fuglsang, I.Izagirre et Lutsenko - ainsi que les absences de Kwiatkowski (vainqueur il y a deux ans), Vuillermoz, Schachmann ou encore d'Uran.

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