La revue américaine VeloNews consacre sa couverture à Alejandro pour son numéro de janvier-février 2019.
J'ai pu me le procurer et lire le grand article dédié à Alejandro. Ci-dessous, sélection et traduction des passages qui m'ont les plus intéressé :
-[Contexte : le journaliste est en reportage à Murcie] A 10h précises, Valverde se rend en vélo à un café banal à la périphérie de la ville : El Pizo. C'est à El Pizo que le fameux «peloton d'Alejandro» se réunit tous les matins pour un café avant de rouler avec lui à chaque fois qu'il est à Murcie. Parfois, une douzaine de coureurs seulement se présentent, parfois le groupe monte à 50. Le groupe est composé d'amis de longue date de Valverde, comme l’ex-pro Fran Pérez et des copains de Valverde du lycée. L’un est charpentier, un autre champion d’Espagne, un autre thérapeute physique.
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-Juan Carlos Escámez, aujourd'hui soigneur de la sélection espagnole [et surtout masseur de la Movistar], a grandi aux côtés de Valverde. Escámez est originaire d'Alicante, une ville balnéaire située au nord de Murcie, et a couru pour une équipe junior rivale. Escámez confie que le jeune Valverde était un sprinter capable résister dans les côtes. L’équipe junior de Valverde avait élaboré sa tactique autour de son poulain : elle imposait un rythme soutenu pour lâcher les purs sprinters, contrôlait les échappées, puis lançait Valverde pour qu'il s'impose au sein d’un groupe réduit et épuisé. Cela ne vous rappelle rien ?
À une occasion, Escámez a trouvé "le truc" pour battre le jeune champion. Puisque arriver avec Valverde pour la gagne impliquait nécessairement une défaite, pourquoi ne pas tenter de le surprendre avant la ligne ? Une fois le peloton bien réduit et usé, Escámez a attaqué dans les derniers kilomètres et a réussi à creuser un petit écart. «Je me suis battu comme jamais. Je sentais Valverde se rapprocher derrière moi, mais je l'ai finalement battu d'une roue », raconte Escámez. «Gagner alors contre Valverde était presque impossible. C'était comme gagner contre Indurain. » Valverde était alors un adolescent, une période où l'échec conduit souvent à des moments de colère et de rage. Ce n'était pas le cas ici, dit Escámez. Valverde était très élégant dans sa défaite. « Il a été le premier à me congratuler, en me disant:" Belle victoire, la prochaine fois on te surveillera". J'étais aux anges parce que je venais de battre 'El Imbatido!' » !
-Quand il eut 18 ans, Valverde obtint une place très convoitée au sein de l’équipe amateur de Banesto au Pays basque espagnol - terrain de prédilection de presque tous les grands pros du pays. Indurain, José María «Chava» Jiménez, Abraham Olano et Carlos Sastre avaient tous participé à ce programme. Valverde y est resté à peine une saison. Il faisait trop froid, trop sombre et c'était trop loin de Murcie. « Il n’était pas à sa place », raconte Eusebio Unzué. «Sa famille, ses amis lui manquaient. Il nous a quitté au bout d'un an et ce fut une grosse perte pour nous. »
De retour sous le soleil de Murcie, il rejoint un club local qui lui permet rapidement de devenir professionnel avec Kelme, vers Valence, en 2002. Au cours de ces quatre années charnières, Valverde devient le roi peloton amateur espagnol. En remportant les plus grandes courses locales, sa réputation s'étendit à travers le pays. «Bien sûr que nous avions entendu parler de Valverde. C’était« El Imbatido », explique Patxi Vila, directeur sportif de Bora-Hansgrohe, qui courait en Espagne à cette époque. « C'était la vedette du peloton espagnol. On voyait tout de suite qu'il était né pour rouler. Il avait ce quelque chose de spécial que tout le monde voulait. »
-[De nombreux témoignages soulignent ses traits de personnalité rares chez un champion de son envergure]
Javier Minguez : « Alejandro est comme un enfant payé pour rouler. Ce n’est pas un gars compliqué. Il n'y a jamais de problèmes avec lui. Avant les championnats du monde en Autriche, c'était lui qui faisait toutes les blagues sur le trajet. S'il était nerveux, il ne l'a pas montré. »
Unzue: «Je n’ai jamais vu un champion comme lui, aussi humble et terre-à-terre».
«Alejandro est vraiment un homme du peuple», déclare Andrés Cánovas, un ami de longue date qui participe à la gestion de l’équipe junior de Valverde. «Il n’y a rien de faux ou de prétentieux chez lui. Il est toujours en train de rire, toujours prêt à travailler. Le gars est né pour faire du cyclisme. »
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