On attendait un sursaut d'orgueil, le voila. Nibali a commencé à céder du terrain, et désormais, rien n'est impossible. Valverde s'est montré fort. Très fort même. Bien que légèrement à contretemps, il a du temporiser après son attaque pour enfin repartir de plus belle, allant même jusqu'a coiffer Horner sur le fil et lui récupérer 3s. Lui, comme Purito d'ailleurs, semblent avoir digéré leur Tour et risquent fort de tout mettre en oeuvre pour détrôner le squale et le papy.
Bien sûr, ne nous enflammons pas. Alejandro a lui aussi connu un jour sans avant de briller. Alors, Nibali, coup de bambou ou fatigue totale ? Nul ne sait. Ce qui est sur, c'est que le moral est au beau fixe chez ses adversaires qui lui ont tous repris du temps. Ce qui est sur, c'est que le doute va s'emparer de lui, et qu'il va assez gamberger toute cette journée. Alors, pour Valverde, que faire ? La course est-elle tant relancée que cela ? Peut-il se permettre de tout donner au dépens du Championnat du Monde qui l'attend...
Le mieux, c'est de voir ce que lui pense de tout ça. (C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je n'ai pas pris le temps d'écrire plus tôt, il valait mieux avoir toutes les cartes en main ;))
Après l'étape d'hier, voyez-vous la bataille pour le maillot rojo différemment ?
"L'étape d'hier a été un petit boost pour nous. Nous avons réalisé que nous avions plus de chances que cela de remporter la Vuelta. L'équipe fait un super job et après deux grosses journées exigeantes nous étions tous un peu à court d'énergie, mais nous avons quand même tout donné pour rendre la course difficile. C'est peut-être avec notre stratégie que Nibali a montré ses faiblesses. A la base, nous travaillions pour que je puisse jouer la gagne, mais avec José Herrada dans l'échappée, après ses bonnes performances ici, nous avons décidé de jouer sa carte mais malheureusement cela n'a pas payé. L'équipe s'est renforcée après c'est 2 semaines. Tous lucides, prêts à tordre des manivelles avec un bon esprit."
Où pensez-vous que le point-clé de la Vuelta sera ?
"Il reste déjà étapes adéquates pour faire les écarts. Pena Cabarga et l'Angliru. Naranco est une étape importante et la route permettra de livrer bataille, mais je pense que les deux autres sont plus dures, plus décisives, on devra y être forts. D'après moi, l'étape la plus important reste l'angliru. Les écarts sont toujours courts et je pense que nous y serons dans la même situation que hier. Là-bas, c'est tout ou rien, pas d'énergie à sauver. Si au pied, nous y serons avec les même écarts, tout peut arriver. Il faudra au moins une minute voire une minute et demi pour être sûr de conserver le maillot. Tenter ma chance quitte à tout perdre ? J'attaquerai surement, si je vois une opportunité de loin, que je vois un leader en difficulté et que j'ai les jambes, je foncerai."
Peut-on dire qu'Horner est le plus fort même si Nibali est en rouge ?
"Nibali a était très costaud jusqu'a présent, il est toujours l'homme à battre avec Horner, mais il a montré des faiblesses hier. Je l'avais déjà vu un poil en difficulté la veille, mais hier tout le monde a pu le voir. Quand nous étions tous à la limite, il était un peu en retrait. Horner a perdu trop de temps sur le contre-la-montre, et mis à part ce jour, c'était lui le plus fort. Il n'a montré aucune faiblesse après ces longs jours de pluie et froid."
Sentez-vous déjà l'ensemble du peloton fatigué après ces deux semaines ?
"Pour être honnête, oui, tout le monde est pas mal entamé après une assez longue saison. Nous atteignons tous nos limites physiques. Quasiment pour les coureurs du classément général on déjà un autre grant tour dans les pattes. C'est visible, et cela peut compter dans les jours à venir. Nibali a peut-être eu un peu plus de récupération après le Giro, ceux qui ont doublé Tour-Vuelta comme Purito et moi un peu moins. Mais nous sommes plus ou moins au même niveau, les hommes du CG et le reste du peloton."

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