Quelques jours après la fin de cette Vuelta, et alors qu'on ne vous arrête plus sur les articles récents, voici donc l'heure du bilan. S'il aurait pu être euphorique, dithyrambique, et plus encore, j'ai décidé de prendre un peu de recul, et vous livrer ce qui au final ressemble pour moi à un grand coup d'épée dans l'eau.
Valverde rassure.
C'est par moment ce qui est ressorti de nos propos. "Valverde est bel et bien un cador, il se bat avec les meilleurs...". Y-at-il encore besoin de se justifier ? Il parait évident que depuis sa Vuelta 2012, Valverde est redevenu Valverde. Au yeux des suiveurs, peut-être même avant.
Valverde finit sur le podium.

Sensé voir au jour le jour ce qu'il serait possible de faire, Alejandro a finalement du s'employer un peu plus chaque jour pour défendre un podium qui aurait du facilement être acquis sans la présence de Benjamin Button (aka Chris Horner). Résultat des courses, Valverde termine 3e, paletot vert sur le dos. Satisfaisant voire même excellent pour le commun des cyclistes pros.
Mais Valverde n'en fait pas partie, et c'est bien là que réside le coeur du problème...
A quoi bon ?
Sur l'ensemble des Vuelta qu'il a terminé, Valverde peut se vanter d'avoir terminé a chacune des 5 premières places. Dans ces conditions, que pouvait-il espérer si ce n'est la plus haute marche ? Nos craintes de début de Vuelta se sont avérées fondées. Nous fonçons droit vers un doublé Vuelta-Mondial sur le podium, mais en aucun cas sur la plus haute marche. 1000 fois débattu au travers des divers articles, l'argument de l'aspect aléatoire du mondial ne tient pas vraiment selon moi. Valverde est clairement un expert de cette course. Il est le seul coureur en activité a avoir autant de podiums. Toujours placé jamais vainqueur, il rôde, tourne autour, et c'est sûrement la fraîcheur qui l'a empêché de s'emparer du maillot irisé par le passé...
On ne sort pas d'une telle Vuelta sans avoir laissé des forces en chemin. Tout en rappelant que ce qu'a fait Valverde est top, ma soif d'excellence me pousse à dire qu'il y avait mieux à faire. Devant la difficulté qui s'annonçait pour jouer la gagne au général, pourquoi ne pas avoir totalement viré de bord ? Nous nous satisfaisions de l'excellente gestion de l'effort et de la maîtrise des événements de la Bala, nettement supérieure à un Purito par exemple. Moi le premier. Mais, justement, n'aurait-il pas du enfiler l'autre casquette ? Celle du puncheur assoiffé de gagne qui sur une course prépare déjà la course du lendemain, celle du chasseur d'étape qui n'agit pas en fonction du profil mais en fonction du scénario ? Beaucoup de coureurs marchent au mental, gagner leur donne envie de gagner d'avantage, tourner autour au contraire, les découragent.

Le Valverde "des Grands Tours" est d'une classe phénoménale. Il plie mais ne rompt quasiment jamais. Mais au final, combien de bouquets recueillis ? Trop peu pour un coureur de ce calibre. Il s'en est privé presque volontairement. Dernier bouquet, Ruta del Sol 2013. 7 mois sans gagne, c'est inhabituel pour un coureur comme lui. Et c'est difficile de s'y faire.
Alors, la question, je vous la pose. Refaisons le passé. Auriez-vous préféré voir "un Valverde d'un autre registre" sur la Vuelta ?
Je tiens à préciser que cet article ne cherche aucune à dénigrer les performances de Valverde mais simplement à y apporter une réflexion sur ce qui a été réalisé. C'est un champion qui nous a régalé durant trois semaines.

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