Je profite de ces deux jours "tranquilles" pour vous faire part de ma réflexion. Si 2012 a été frappé du sceau de la malchance, notamment sur LeTour, 2013 n'est, finalement, guère mieux. A petite dose, sans faire de grande étincelles, celle qu'on appelle "la mala suerte" se fend d'apparitions bien contraignantes dans la saison de Valverde. Petit à petit, l'air de rien, les détails ternissent un palmarès qui aurait pu être un cran au dessus. L'objectif ici n'est pas de s'accabler sur le sort d'El Imbatido, mais de valoriser le mental d'un coureur qui ne cesse de croire en lui, en sa bonne étoile. Retour donc en 4 actes, sur la mala suerte de Valverde.
Acte 1 : Chute en Catalogne.
Première course par étape WT en 2013 pour Alejandro. Tous les voyants sont au vert. Il vient de surclasser le reste du peloton avec son coéquipier Quintana sur les hauteurs de Vallter en Catalogne. Maillot de leader sur les épaules, on se prend à rêver d'un premier coup d'éclat qui lancerait parfaitement sa saison... Sauf que le coup d'éclat... C'est Valverde qui l'a reçu. Une chute, et voila ses ambitions réduites à néant. Premier coup de malchance, mais l'on s'estime heureux, La Bala est touchée, mais pas blessée...
Acte 2 : Coincé à Liège.
Sans doute un des plus gros regrets en tant que fan. Valverde, très en verve sur les 2 premières classiques, se retrouve dans de très bonnes dispositions à l'approche de la ligne d'arrivée de la Doyenne des classiques. Purito décide de bondir, et lorsque D.Martin comble le trou par une attaque fulgurante, quel fût notre étonnement de voir Valverde stoïque, incapable de réagir, s'en allant vers un nouveau podium en terre belge. Sauf que, à l'abri des médias, l'information circule, petit à petit (plutot une rumeur, dirons-nous, jusqu'a ce qu'Alejandro nous la confirme dans l'interview qu'il nous avait accordé en exclusivité) : Son dérailleur électrique lui a joué un sale tour, au plus mauvais moment. Bonne excuse pour certains, argument valable pour d'autres, le constat est le suivant : Valverde n'est pas le vainqueur de LBL2013.
Acte 3 : Le gachis de St Amand.
Sur la route du Tour, le moral est au beau fixe. Valverde est solide, hargneux, sur de son fait et concentré comme jamais, évitant ainsi tous les pièges de la première semaine, y compris les chutes. On se dit alors que, enfin, Valverde pourrait montrer l'étendue de son talent. Sauf que comme d'habitude, la mala suerte n'est pas loin et d'un problème mécanique au pire des moment, anéantira tous les espoirs nés en première semaine. Sorte d'impression de déjà vu après le coup de Trafalgar des sky a Valdezcaray (Vuelta2012), c'est cette fois 10min et un leadership qu'Alejandro perd dans la bataille. Le Tour est lui, c'est l'amour vache.
Acte 4 : Crevaison en solitaire.

En pleine Vuelta 2013, nous voici sur le seul effort solitaire. Valverde est en forme, et peut réaliser un coup en écartant Purito loin au général, tout en rivalisant avec un Nibali diminué par une piqûre de guêpe handicapante. Une fois de plus la situation un peu trop parfaite tourne au vinaigre et Valverde doit s’arrêter sur crevaison. 30s de perdues dans la manœuvre, que l'on retrouve a l'arrivée. Autrement dit, Valverde aurait été dans le même temps que Nibali sans cette énième prpoblème. Pire, un écart mince au général (+/- 15s) se transforme en un matelas confortable en faveur du squale (46s)...
Une fois de plus, on s'estime heureux car le résultat reste tout de même satisfaisant. Mais le perfectionniste que je suis commence à se sentir désabusé par tant de malchance. Valverde n'y est pour rien clairement, et c'est aussi avec une certaine admiration que j'observe sa détermination intacte. Beaucoup auraient marqué le pas, lui non. C'est aussi ça, un champion.
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