Dans cette partie n°2, nous allons nous attarder sur les compétences personnelles de la Bala. Où en est-il physiquement ? Mentalement ? Que peut il espérer en montagne ? Sur les arrivées punchy ? En contre-la-montre ? C'est ce que nous allons voir...
Dans la tête, un nouveau Valverde
C'était il y a environ un mois, Alejandro répondait très gentiment à nos questions, nous expliquant qu'il avait mûri psychologiquement. D'avantage de réflexion, avec une nouvelle répartition de l'effort sur les courses à étapes, comme nous avons pu le constater sur le Dauphiné, où il était toujours placé, non pas dans une optique de gain de l'étape, mais pour éviter toute cassure qui coûterait du temps dans la course au classement général.
Sur les étapes clefs de montagne, une nouvelle manière de voir la course, avec des attaques courtes en termes de prise de distance avec la tête de peloton, mais prolongées dans la durée de l'effort. S'il avait déjà attaqué de loin sur a Vuelta l'an passé, il a cette fois-ci opté pour une stratégie plus calculée, en prenant appui sur des coéquipiers partis plus tôt à l'aventure.
Il paraît évident que cette expérience a été menée en amont du Tour de France, et on espère de tout coeur que cela portera ses fruits avec des coureurs d'un calibre supérieur pour l'accompagner comme Rui Costa et Nairo Quintana (cf Partie-1).
A fond la forme ?
On a vu sur le Dauphiné en Alejandro très en verve, capable de finir aux avants-postes sur les arrivées au sommet et ce après avoir tenté plus tôt dans l'ascension, à chaque fois. Il n'était cependant pas capable de suivre les trois gros moteurs du Dauphiné, à savoir Contador/Froome/Porte. Restait donc à savoir si, comme sur le passé, son pic de forme intervenait trop tôt. Il s'est confié à ciclismozonal : "Dans ma tête, l'objectif est le podium. A quelle place ? Je ne sais pas. Plus haut ce sera, mieux ce sera. Mais j'espère y être. J'arrive sur le Tour en bonne forme, mais il est clair qu'il faudra être a 100% dans une 3e semaine qui sera beaucoup plus décisive que la 1ère. En analysant le parcours, on se rend compte qu'il faudra être bien dans la dernière ligne droite.
Je me rendrai à Bembibre (où il fera clm+course en ligne) pour faire le point une dernière fois et aller avec de meilleures garanties sur sa forme en France. Le travail est fait, les choses doivent juste suivre leur cours."
Quel potentiel ?
L'an dernier même époque, Valverde nous intriguait au plus au haut point. S'il avait excellé en toute première partie de saison, il avait par la suite marqué un véritable coup d'arrêt et n'avait pas brillé sur les ardennaises pour ensuite jouer les équipiers de luxe sur le Tour de Suisse. On se doutait que le potentiel était là, mais aucune justification n'avait été apportée.
Cette fois-ci, ce n'est pas le cas. On l'a vu à son aise, qu'importe le terrain, qu'importe les conditions. Et ça, c'est rassurant. Auteur du doublé avec Nairo Quintana lors de l'arrivée en altitude à Valter 2000 (Tour de Catalogne), vainqueur d'un prologue (Ruta Del Sol), toujours placé sur les courses punchy (seul auteur des trois TOP10 sur les ardennaises), il reste cependant un petit doute au niveau de ses compétences dans l'effort individuel. Si sa prestation du Dauphiné en laisse certains perplexes, il est d'après moi mieux armé que l'an passé à ce niveau, ayant fait jeu égal avec des coureurs ayant été meilleurs que lui par le passé, et aussi grâce aux premiers tests en soufflerie effectués.
Pour quel résultats ?
Si Alejandro est un excellent coureur, il n'est pas LE meilleur dans une catégorie précise. Il brille surtout par sa polyvalence. Dans ces conditions, où peut-il briller ? En contre la montre par exemple ? D'abord, la Movistar s'est révélée en matière de contre-la-montre par équipe. Il y en aura un de 24kms à Nice, ça tombe bien. Ensuite viendra celui du mont st michel, qui risque d'être le jour le plus important pour nous, certes assez plat, mais finalement moins que celui du Dauphiné. Enfin, celui d'Embrun-Chorges lui conviendra tout à fait, deux cols de 2e catégorie à 6% de moyenne, pas trop long non plus avec 6 et 7 kilomètres. Ce type de chrono escarpé n'est pas sans rappeler celui de la Vuelta où Alejandro avait très bien limité les écarts, se classant dans les 10 premiers.
Quid de la montagne ? Tout dépendra des conditions de course, vraiment. Du mouvement, des pièges, de l'observation, on ne sait pas encore de quoi ces étapes seront constituée. Il y a deux ans, Samuel Sanchez et Jelle Vanendert ont pu chacun leur tour lever les bras en altitude car hors concours pour la course au podium, mais toujours en lice pour le maillot à pois... Concernant le parcours, une analyse plus poussée vous attend... Dans la partie 3 !
En bref
Comme par le passé, Alejandro est l'un des favoris du Tour. S'il n'est pas aussi bien côté qu'en 2007/2008, il possède toujours ce même potentiel et reste capable de très bien figurer sur le Tour. Comme il l'a précisé dans l'interview, il faudra éviter les chutes pour bien figurer en Juillet, et pour cela, on croise les doigts pour que la guigne de l'an passé ne le frappe pas encore ! Venga !

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