Le parcours du Tour 2014 vient d’être dévoilé. En attendant de connaître tous les profils d’étape (il faudra attendre plusieurs semaines pour cela), mon impression est la suivante : il est globalement favorable à Valverde. Et ce pour une raison principale : il est complet. Il y aura de tout sur ce Tour, qui n’a rien de terrifiant, mais qui est très équilibré et laisse libre cours aux surprises. Pour un coureur comme Valverde, complet, brillant sur quasiment tous les terrains, et capable d’offensives, c’est une belle opportunité.
Il y aura de la haute montagne, oui, mais tout ne se jouera pas là.
D’abord, les organisateurs ont voulu proposé une forte moyenne montagne, un terrain qu’affectionne Valverde. Les Vosges, souvent décevantes, ont été corsées, en particulier avec une arrivée intéressante à Gérardmer et surtout le retour de La Planche des Belles Filles, où l’Espagnol pourra prendre sa revanche.
Ensuite, la 5e étape empruntera 15 km de pavés dans ses 70 derniers kms, soit 9 secteurs pavés, dont les fameux Mons-en-Pévèle et Orchies : c’est suffisant pour qu’un grand leader et même plusieurs perdent du temps, voire doivent renoncer à leurs ambitions au général. Froome a dors et déjà exprimé ses craintes à propos de l’étape des pavés. Quintana ne sera pas non plus à son avantage sur ce terrain. Valverde, au contraire, a déjà par le passé dit qu’il appréciait les pavés.
Qui-plus-est, la 7e étape, vers Nancy, offrira un terrain propice aux bordures : voilà encore un endroit susceptible de créer des surprises qui viendraient perturber l’ordre établi (Froome grand favori, Nibali challenger n°1…).
Enfin, la 2e étape en Angleterre est annoncée comme un mini Liège Bastogne Liège, intéressant aussi.
Bref, c’est un Tour où l’audace et la surprise peuvent contrecarrer des scénarios préétablis. C’est dans cette optique qu’il a été décidé que le parcours comporte seulement 54 km de chrono (le plus faible total depuis 1934 !), ce qui a priori un avantage pour Valverde - je dis bien "a priori" car en réalité il risque tout de même de perdre pas mal de temps étant donné que ces 54 km sont concentrés en une étape (heureusement, ça sera en toute fin de Tour : la condition physique jouera donc un rôle majeur, ce qui peut changer la donne).
En fait, ce Tour peut sourire à Alejandro parce qu’il peut tirer parti de tous ces terrains différents, là où Froome et Quintana se seraient régalé d’un parcours taillé pour les purs grimpeurs, ce qui n’est pas le cas ici. C’est pourquoi voir notre champion disputer le Tour en 2014, à la place du Giro, peut aussi être un bon choix.
Néanmoins, ce parcours est à double-tranchant : étant donné qu’il apportera son lot de surprises, il faudra que la chance accompagne Valverde…Eh oui : en voyant le verre à moitié vide, on peut aussi se dire que toutes ces opportunités sont autant de pièges dans lesquels il pourrait tomber (les bordures entraînent des cassures, les pavés provoquent des chutes, etc.). Cela dit, et je terminerai par là-bas, je crois que malgré tout, c’est une opportunité quasi-unique pour lui : en effet, étant donné qu’il n’est ni le meilleur grimpeur du monde (Froome est au-dessus du lot), ni le meilleur rouleur (loin de là), mais qu’il est en revanche le plus complet du peloton, des occasions comme celles-là ne se représenteront peut-être plus dans sa carrière. Oui, vu ce parcours, le podium est vraiment jouable (la victoire finale, en revanche, sera très difficile, car cela impliquerait de battre Froome, Nibali, Contador et Rodriguez à la fois). Reste maintenant à connaître son avis, et surtout celui d’Unzue qui décidera qui de Valverde ou Quintana visera le maillot jaune l’an prochain.
Commenter cet article