GP Miguel Indurain :
7e victoire de la saison pour Alejandro qui a une nouvelle fois surclassé ses adversaires ! Il s'impose en solitaire (avec plus d'1 minute d'avance) après être sorti du peloton à 19 km de l'arrivée. C'est une très belle victoire qui constitue, comme l'écrit Velochrono, "un signal fort avant le Pays Basque et les Ardennaises", d'autant que malgré ses nombreuses participations, Alejandro n'avait encore jamais réussi à s'imposer ici. Il devance Slagter, qui devrait être un de ses rivaux sur les ardennaises.
Certes, Alejandro brille depuis le début de saison surtout sur des courses non World Tour, mais cette séquence s'achève désormais, puisqu'à partir de lundi il affrontera les meilleurs au Tour du Pays Basque : Contador, Kwiatowski, Van Garderen, Costa, Betancur...du très beau monde, ce qui permettra de le juger face à des coureurs de sa classe si j'ose dire. Et vu ses perfs depuis le début de l'année, il n'y a pas de quoi être inquiet !
Classement :
1. Alejandro Valverde (Movistar) 4h52:01
2. Tom Jelte Slagter (Garmin) a 1:02
3. Sergey Chernetski (Katusha) m.t.
4. Andre Cardoso (Garmin) a 1:06
5. Yury Trofimov (Katusha) m.t.
6. Ryder Hesjedal (Garmin) a 1:40
7. Alexandr Kolobnev (Katusha) a 2:18
Notre interview :
Alejandro Valverde a bien voulu répondre à nos questions avant d'aller affronter les meilleurs au Tour du Pays Basque et en Belgique. Au programme, son début de saison fracassant, ses choix de courses dans le calendrier, sa préparation et bien plus encore.
- Les Ardennaises : l’Amstel avec son nouveau final depuis l’an passé (arrivée 2 km après le Cauberg) te convient très bien. Est-ce ton objectif n°1 sur les ardennaises puisque tu ne l’as pas encore gagné ou Liège reste-t-il ta priorité ?
"Les classiques ardennaises sont chaque année un grand objectif pour moi et gagner n’importe laquelle des trois est une chose formidable. C’est vrai que je considère que Liège-Bastogne-Liège est dans l’absolu la plus belle de toutes les classiques et j’aimerais beaucoup inscrire encore une fois mon nom à son palmarès. Quant à l’Amstel, même si son parcours me convient à la perfection et que mes nombreuses places d’honneur le prouvent, elle me résiste."
- Il est parfois arrivé que tu arrives à l’Amstel pas encore à 100% et que l’Amstel te serve à être au top pour Liège : cette année, cela ne devrait pas être le cas puisque tu disputes le Tour du Pays Basque, n’est-ce pas ?
"Oui c’est exact, généralement j’arrive un peu juste de forme à l’Amstel et c’est cette course qui me permet de me mettre en jambes pour les suivantes. Du moins les années où j’ai privilégié le Tour de Catalogne au détriment de celui du Pays Basque. Le programme de mon début de saison a cette année été quelque peu différent et en effet je participerai au Tour du Pays Basque, sans aucun doute la préparation idéale pour les trois belles classiques ardennaises."
- On a l’impression que tu es arrivé en forme tôt cette année, avec tes performances extra dès la Ruta del Sol, puis avec tous tes excellents résultats ensuite. Confirmes-tu cette impression ? Si oui, n’y a-t-il pas un risque de s’être trop donné avant les ardennaises ; autrement dit, réussiras-tu à garder cette excellente forme jusqu’à fin avril ?
"C’est vrai, mais ce n’est pas une exception. J’arrive chaque année en forme très tôt. D’un côté parce que je n’ai pas besoin de trop courir pour commencer à arriver en condition et surtout en fait parce que comme je l’ai souvent expliqué, je vis dans une région d’Espagne, la Murcie, où il fait toujours beau, avec des températures très agréables et où il pleut rarement. Il est donc rare de ne pas pouvoir aller s’entraîner un jour sous le soleil et il est certain que cela a une grande influence sur la condition."
- Il y a quelques années, vers 2009, tu défendais l’idée de ne pas trop se dépenser en début de saison et de s’économiser en course, en vue des objectifs à venir dont le Tour. Tu sembles avoir changé d’avis, est-ce le cas ? Si oui, pourquoi ?
"Je ne crois pas avoir changé beaucoup ma façon de courir et au contraire cette année mon programme printanier a été allégé par rapport aux années précédentes pour me permettre d’arriver avec un peu de réserves en plus en toute fin de saison. C’est pour cela qu’à l’exception du Tour de Dubaï et de celui d’Andalousie, je n’ai pour le reste participé qu’à des courses d’un jour."
- Nous sommes très heureux de te voir courir des courses différentes comme les Flandriennes et les courses italiennes.
Concernant les Flandriennes, penses-tu pouvoir jouer la gagne un jour sur le Tour des Flandres ? Concernant les courses italiennes, avec le nouveau parcours de Milan San Remo à partir de 2015, cela deviendra-t-il un objectif à part entière pour toi ?
"En ce qui concerne les classiques italiennes, ce n’est pas une première puisque l’année dernière déjà j’avais participé à Strade Bianche et à Roma Maxima. J’avais beaucoup aimé ces courses et je souhaitais y revenir cette année. En ce qui concerne Milan-Sanremo, elle figurait originellement dans mon programme, mais le fait que la nouvelle bosse n’ait finalement pas fait partie de l’itinéraire m’a fait changer d’avis car j’ai estimé que cela réduisait pratiquement toutes mes chances de pouvoir m’imposer. J’ai dès lors choisi de me concentrer sur deux classiques flamandes avec l’intention de goûter un peu de pavé vu qu’ils joueront un grand rôle dans la cinquième étape du prochain Tour de France. Histoire de ne pas être trop surpris au mois de juillet. Je suis content de la façon dont je les ai passés mais cela n’empêche qu’il faudra être très attentif au Tour de France car une course n’est pas l’autre. Quant au Tour des Flandres, c’est une course qui me fascine et que je ne manque jamais de regarder à la télévision. J’ai énormément de respect pour ce monument et j’aimerais être un jour au départ."
- Les pavés sur la 5e étape du Tour : ne penses-tu pas que ce jour-là, la meilleure défense est l’attaque ? Autrement dit, que le meilleur moyen d’éviter de perdre du temps sur les autres (à cause de chutes ou de crevaisons en particulier) est de tenter une offensive ?
"L’attaque je ne sais pas, car il faudra en être capable. Ce jour-là, il y aura sans doute deux courses dans la course : les coureurs qui courent pour gagner l’étape et ceux qui courent pour ne pas y perdre le Tour. Il va de soi en tout cas qu’il faudra être devant et ne pas cesser d’être attentif ne fut-ce qu’une seule seconde. Je le savais déjà, mais mon expérience de la semaine dernière sur les pavés m’en a fait prendre conscience plus que jamais."
- Ton attitude offensive : on note un changement cette année, tu es plus offensif et prends plus de risques en course, en attaquant parfois loin de l’arrivée (Tour de Murcie, Roma Maxima, GP Nobili). Y a-t-il une raison à cela ? Le dernier Mondial a-t-il joué un rôle là dedans ?
"Je prends vraiment beaucoup de plaisir sur le vélo et c’est sans doute ce qui explique mon attitude en course. Mais ce n’est pas suffisant. En fait, plus je prends de l’âge et plus j’ai l’impression de m’améliorer, de découvrir de nouvelles possibilités et donc aussi d’oser prendre plus de risques. Je suis vraiment motivé et l’excellente ambiance qui règne dans l’équipe y est pour beaucoup. Nous sommes vraiment beaucoup d’excellents coureurs capables de gagner des courses et nous nous stimulons les uns les autres !"
- Par conséquent, est-il envisageable de te voir plus offensif que d’habitude sur les ardennaises, là où d’habitude tu privilégies le sprint ? Est-ce que les commentaires te concernant, qu’ils soient positifs ou négatifs comme un certain nombre de commentaires après le dernier Mondial, te touchent et t’affectent, ou réussis-tu à faire abstraction de ça ?
"Dire que je privilégie le sprint dans les Ardennaises est un peu exagéré car nous arrivons rarement à plus de deux ou trois. On ne peut pas vraiment appeler cela un sprint, d’autant que lorsque je me suis imposé je me présentais sur la ligne avec des adversaires que je devais en principe battre sans trop de difficulté, étant plus rapides qu’eux. Mais chaque course est différente et ce sont bien souvent les circonstances qui décident. Les commentaires positifs, c’est sûr, font toujours plaisir et ils sont très motivants. Quant aux commentaires négatifs, j’avoue ne pas y prêter grande attention. Il est facile de critiquer quand on n’est pas sur le vélo. Il faut donc apprendre à relativiser."
- Certains grands leaders comme Rodriguez, Nibali, ou les Sky, passent des semaines entières à s’entraîner à Tenerife, aux îles Canaries. Comprends-tu cette mode de s’entraîner là-bas ? As-tu déjà envisagé cette destination ?
"Je pensé qu’ils vont s’entraîner là-bas surtout pour trouver le climat idéal qu’ils n’ont pas chez eux. Moi j’ai la chance de pouvoir bénéficier de ce climat toute l’année en restant à la maison auprès de ma famille. C’est un grand avantage."
- Tes 3 grands adversaires pour le Tour (Froome, Contador, Nibali) ont adopté un programme de début de saison très différent du tien. Comment justifies-tu tes choix incluant plus de classiques et moins de mini tours ? Pour mieux préparer les Ardennaises ?
"Je pense que nous sommes tous les trois des coureurs très différents et nous avons forcément une façon de nous entraîner différentes. Je pense aussi que les trois coureurs cités font du Tour leur unique objectif, tandis personnellement j’accorde également une grande place aux classiques printanières. La dernière partie de la saison, avec la Vuelta et le Championnat du Monde sont également des objectifs pour moi et chaque année j’arrive un peu juste en toute fin de saison. J’ai-je pense déjà un peu répondu à cette question dans une réponse précédente. En accord avec mon équipe, nous avons décidé d’alléger un peu le programme en début d’année pour qu’il me reste un peu plus de forces fin septembre."
- Comment est ton nouveau Canyon comparé au Pinarello de 2013 ? En particulier à propos du vélo de contre-la-montre ? As-tu vu une différence notable (Quintana disant qu'il s'agit d'une merveille, Malori a des résultats fantastiques, et tu as gagné le chrono de la Ruta Del Sol) ?
"C’est très difficile d’établir une comparaison. J’étais très satisfait de mon vélo Pinarello depuis des années. Cette saison, l’équipe a changé de sponsor et donc il a fallu s’adapter à du nouveau matériel. Ce qui il est vrai a été très facile et je pense que tout le monde dans l’équipe est satisfait. En ce qui me concerne, j’étais content avant et je le suis toujours maintenant !"
Merci à Alejandro et Pascale Schyns qui ont été super disponibles, et c'est toujours un privilège d'être en lien avec eux !

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