Son défi sur le Tour ? Pas tant d’avoir le niveau que d’éviter les pépins
Le niveau, a priori il l’a
Sur le dernier Tour, Alejandro faisait partie des meilleurs grimpeurs, et sans ses 10mn perdues, il aurait probablement pu finir sur le podium. Cette année, il affirme se sentir aussi fort que l’an passé, et même plus, et ça se ressent dans ses résultats – il nous en particulier tous bluffé en gagnant la Flèche Wallonne ce que nombre d’entre nous ne le croyait plus capable de faire, et en battant le record du mur de Huy, signe qui ne trompe pas. Au classement Cycling Quotient établi par le site cqranking.com, il a dépassé tous ses records de points, y compris ceux de 2008 (la preuve ici, le point bleu étant son niveau actuel : http://cqranking.com/men/asp/gen/graphRiderHistory.asp?riderID=5).
Certes, rien n’est jamais acquis, et à mon sens nous n’aurons confirmation de son niveau que le lundi 14 juillet, pour La Planche des Belles Filles (à l’issue d’une étape à ne surtout pas sous-estimer, avec 4 cols de 1ere catégorie et 2 cols de 2e catégorie), et pas avant car il n’y aura pas encore eu d’étape décisive (et ce, même si Alejandro brille le 12 juillet par exemple, sur la 8e étape, de moyenne montagne, qui lui va comme un gant). Néanmoins, il a maintenant une bonne expérience des Grands Tours, et je lui fais confiance pour gérer son pic de forme.
Une adversité relativement domptable
Plus encore, en partant de l’hypothèse que Froome et Contador seront au-dessus du lot (hypothèse qui peut tomber à l’eau sur une simple chute de l’un des deux, on l’a vu au Dauphiné !), qui resterait-t-il pour concurrencer Valverde pour le podium ? Le même nom revient toujours, Nibali, mais vu ses performances décevantes cette année, lui-même n’est pas particulièrement serein comme il l’expliquait il y a quelques semaines. Cela étant, je pense qu’il sera tout de même fort ; mais Valverde n’a pas de complexe à avoir face à l’Italien.
En dehors de Nibali, aucun nom ne fait particulièrement peur. A l’heure où j’écris, sur le site de pari en ligne du PMU par exemple, les cotations sont les suivantes :
Chris Froome 1,60 Alberto Contador 2,50 Vincenzo Nibali 9,50 Alejandro Valverde 15,0 A Talansky 30,0 B Mollema 45,0 R Costa 45 J Van Den Broeck 60,0 T Van Garderen 60,0 Richie Porte 60,0 Joaquin Rodriguez 100,0
Kwiatkowski et Bardet (absents ici) sont à mon avis sous-estimé puisqu’ils sont cotés bien derrière, à 200 contre 1, mais la donne reste la même. Si Valverde est bien au top, il n’a pas à avoir de complexes face aux noms cités ci-dessus. Notons que Purito ne devrait pas être un danger car il n’arrivera pas au départ en très bonne forme, même si on ne peut jamais écarter totalement un client comme lui.
Son challenge : éviter les embûches
Le défi pour Valverde sera surtout les pièges et les pépins : nul besoin de refaire la liste des chutes, cassures et virus dont il a été victime sur les Grands Tours dans sa carrière. Or, le parcours de cette année présente de multiples pièges possibles, et pas seulement sur les pavés ! Les 1eres étapes comporteront leurs lots de chutes inévitables, dues à la nervosité, d’autant que la 1ere étape empruntera certaines routes très étroites, et que son final comporte quelques ronds-points dangereux. De même vu les multiples petites côtes (et donc descentes) de la 2e étape, on croise les doigts pour qu’il ne pleuve pas…Le mardi, la 4e étape empruntera dans son final des routes assez étroites, avec beaucoup de virages ; le mercredi sera le fameux jour des pavés ; le jeudi la 6e étape comportera un certain nombre de ronds-points et de ralentisseurs…bref, la 1ere semaine ne sera pas de tout repos, et il est probable qu’au moins 1 outsider y perdra le Tour. Et ensuite, il ne faudra pas baisser la garde, car plusieurs étapes sont propices à des coups de bordure, en fonction du vent les jours-J.
Cela dit, tous ces pièges sont également autant d'opportunités possibles pour lui. Ce qui peut apparaître comme des dangers peut finalement se transformer en atout, en exploitant bien certains terrains...A Alejandro d'être malin ! Je suis persuadé, au vu du parcours, qu'il y aura des surprises, un peu comme en 2006 quand les deux favoris, Valverde et Vinokourov avaient chuté, laissant le champ libre à des outsiders qui ont alors pu jouer directement le maillot jaune et non simplement le podium.
Bilan
Il s’agit peut-être bien de la dernière occasion pour notre champion d’atteindre son objectif de podium. Les voyants sont au vert et incitent à l’optimisme. Mais l’expérience des années écoulées depuis sa 1ere participation au Tour, il y a bientôt 10 ans, incite à rester mesuré. Rien n’est gagné d’avance, loin de là, et sans même parler des pièges, j’ai beau avoir écrit que « l’adversité est relativement domptable », nous ne sommes jamais à l’abri de performances inattendues de la part d’un outsider jugé jusque là peu dangereux (Porte a bien failli être ce coureur là l’an passé), ou même d’un coup tactique comme Pereiro en 2006 ou Voeckler en 2011. Néanmoins, tout cela dit, il est bien possible que la surprise de ce Tour soit Valverde lui-même, non pas pour nous qui connaissons sa valeur, mais pour tous ceux (médias et suiveurs en général) qui l’auraient sous-estimé dans leur pronostic, à tort…

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