A J-10 du départ du Dauphiné (inscrit à son programme d'après ses déclarations d'il y a un mois), Alejandro a donné une interview à un média espagnol, ImpasseMag, au Centro de Alto Rendimiento de Grenade où il effectue son stage d'entraînement en altitude pour préparer le Tour de France. On y sent bien la sérénité d'Alejandro, loin des déclarations tonitruantes des années 2008-2009 à la même période où il clamait ses ambitions de victoire sur le Tour ; désormais, il ne se met plus cette pression et se fait plaisir (d'autant qu'avec sa 1ere partie de saison, sa saison est dors et déjà réussie), tout en restant bien sûr ambitieux (c'est dans sa nature de viser la gagne, pas de risque que ça change !), ce qui lui réussit très bien.
Raconte-nous ce duel contre Chema Martinez, parce qu'a priori un cycliste va toujours plus vite qu'un coureur à pied.
_Oui, normalement oui, c'est le plus logique. Sur du plat ou avec une pente à faibles pourcentages évidemment, mais dans notre cas, sur le col de Haza Llanas les pourcentages atteignent parfois 19-20%, d'où le fait qu'il y avait un suspens sur le nom du vainqueur.
[...] Quand c'est une pour une bonne cause, c'est important de collaborer. Tout ce qui peut aider, le fait d'être présent pour des évènements de ce type, je vais le soutenir un maximum.
Tu viens d'avoir 35 ans ; quels sont tes objectifs cette année ou même à moyen terme, avant ta retraite ?
_Pour le moment je suis en Sierra Nevada pour préparer le Tour. On y va avec un chef de file qui a toutes ses chances pour la victoire finale. Ensuite j'irai à San Sebastian, à la Vuelta et au Mondial. Par rapport à mon futur je suis serein, mon contrat court jusqu'en 2017 et chaque hiver de chaque année nous planifierons la saison suivante.
Tu as dit récemment que tes chances de gagner le Tour étaient passées. C'est une épine dans le pied ou non ?
_Non, c'est clair que j'aurai aimé gagné le Tour mais bon, ce n'est pas non plus quelque chose qui me rend déçu.
D'autant que tu as obtenu d'autres grandes victoires.
_Oui, voilà.
Tu as manifesté ton intention d'aider Nairo Quintana à gagner le Tour. Parles-tu avec lui, quels conseils lui donnes-tu ?
_Je crois que Nairo a suffisamment d'expérience malgré son âge (25 ans). Si je devais lui donner un conseil, je lui dirais d'être tranquille. Le Tour est long, et il ne faut pas faire de la victoire une obsession trop tôt. Tout le peloton est en forme et préparé, donc ça restera difficile. On a une grande équipe, lui est très bien et on se donnera à fond.
C'est le plus grand talent avec lequel tu as couru dans ton équipe ?
_C'est un des bons talents que j'ai connus.
Qui est le meilleur coureur avec lequel tu as couru ?
_Je ne pourrais pas le dire, j'ai couru avec beaucoup d'excellents coureurs et en mettre un en avant au-dessus des autres serait un manque de respect. En général, tous les coureurs pros sont de bons coureurs. Certains un peu plus, d'autres un peu moins, et certains ont quelque chose de spécial.
Mis à part ses coéquipiers, est-il possible d'avoir des amis dans le peloton ?
_Oui, bien sûr, sans problèmes. En course chacun défend les intérêts de son équipe mais hors course les amitiés existent.
Et des ennemis ?
_Oui bien sûr, il y a de tout comme dans chaque domaine de la vie.
Avec Purito t'entends-tu bien, après ce qui s'est passé au Mondial 2013 ?
_Cet épisode est plus qu'oublié.
A propos du Giro actuel, l'équipe Sky a mis en place une expérience très particulière : son leader Porte [qui a depuis abandonné] dort dans une caravane "pour éviter le stress". L'équipe dit qu'il vit ainsi dans un environnement personnalisé, et si l'expérience est positive ils souhaitent l'appliquer sur le Tour avec Froome. Qu'en penses-tu ?
_Moi je préfère dormir avec mes coéquipiers et faire tout à l'hôtel. On change beaucoup de routine oui, mais ça s'est toujours passé de cette manière. Si tous les cyclistes du peloton dormaient dans une caravane on aurait besoin de campings (rires).
Tu peux devenir le meilleur coureur de classiques espagnol, que penses-tu de ce challenge pour lequel d'autres grands coureurs comme Oscar Freire se battaient ?
_Oui, c'est clair qu'il y a d'autres grands coureurs comme Freire qui ont gagné des courses importantes, d'autant qu'il a été trois fois champion du monde. Moi je me considère comme un des bons coureurs parmi les coureurs de classiques.
Quel a été ton pire moment en tant que cycliste ? Et le meilleur ?
_Mon pire moment en tant que pro, sans hésiter, a été l'année et demi que j'ai passé sans courir. Le meilleur moment, c'est difficile à dire. J'ai eu beaucoup de très bons moments.
N'as-tu pas l'impression que le suiveur moyen se souvient plus de tes échecs que de tes victoires, qu'il est plus critique avec toi qu'avec tes autres compatriotes ?
_Il y a de tout, on se souvient de ceci ou de cela, mais bon, la société comme ça et chacun est comme il est.
As-tu commencé à penser à ce que tu souhaiterais faire après ta carrière pro ?
_J'aimerai faire quelque chose en lien avec le cyclisme. Le salaire moyen d'un coureur ne permet pas de pouvoir vivre de sa carrière ensuite. Je crois qu'il faut rendre ce que le cyclisme m'a donné.
Par exemple en étant directeur d'une équipe ? Connaître les sensations que peut ressentir un coureur, pour en avoir été un aussi, peut être une vraie valeur ajoutée.
_Oui tout-à-fait. Oui, et sur toutes les activités qui tournent autour du cyclisme. En ce moment même j'ai une école de cyclisme avec une équipe de cadets et de juniors, et ça aussi je crois que c'est important.
Dans un endroit comme la Sierra Nevada, quels endroits recommanderais-tu pour s'entraîner ?
_Il y a beaucoup de lieux cachés, comme le col de Hazallanas que nous avons grimpé lors du Défi Movistar, mais il y en a d'autres comme El Duque [celui qui monte au Pico Veleta] qui sont très biens. En général, Grenade et la Sierra Nevada me plaisent, j'aime beaucoup cette zone-là.
Quelques photos d'Alejandro lors du défi Movistar (--> d'autres ici : http://www.ideal.es/fotos/granada/201505/23/alejandro-valverde-impone-chema-3011554111216-mm.html) :




Commenter cet article