Le championnat d'Espagne, c'est pour très bientôt. Il s'agira de la seule course (ou des seules courses, considérant qu'il participe aussi au contre-la-montre ce jour) d'Alejandro entre le Giro et le Tour de France. Doublé compliqué que s'apprête à gérer El Imbatido. Pour CyclingTips, il s'est prêté au jeu des questions et réponses. Voici le condensé.
A propos des interviews
En ce moment, je ne fais que m'entraîner. Donc il n'y a pas de problème pour faire une interview. Parler aux médias est une partie de mon travail. C'est vrai que la plupart des interviews reprennent le même lot de questions, donc parler aux journalistes finit par être un peu répétitif. Mais, vous savez, ce serait pire si personne ne s'intéressait à moi.
En général, je préfère ce genre d'interview plutôt que celles qui arrivent dans le contexte d'une grande course. Tout le monde y veut un entretien exclusif et on vous saute dessus une fois la ligne d'arrivée franchie, dans ces moments où on a besoin de prendre une respiration plutôt que de donner une brêve analyse. Cela peut-être stressant.
A propos de l'actualité de l'Operation Puerto
Maintenant c'est plus facile pour moi d'en parler, l'affaire est close. Les poches peuvent être délivrées aux autorités, mais il n'y aura aucune révélation à mon sujet. J'ai été banni, j'ai fait mon temps, je n'ai aucune raison d'être inquiet.
J'ai purgé ma peine, je ne sais pas si c'est juste ou pas. J'ai fait mes deux ans, j'ai oublié ça. Après cette suspension j'ai vécu une nouvelle carrière comme cycliste, et j'ai pris beaucoup de plaisir.
Entre 2007 et 2010, j'ai fait face à beaucoup de questions, de troubles (Stuttgart 2007, participation au Tour de France). Et puis ma suspension est arrivée. Après ça, j'ai subi des centaines de tests anti-dopage et gagné beaucoup de courses. J'étais un grand coureur avant la suspension et j'ai été encore meilleur après. Je pense que plus personne ne doute de mes performances.
A propos du Giro
Je dirais que c'était une bonne course pour moi. J'avais deux objectifs avant le Giro : gagner une étape et être sur le podium. J'ai accompli les deux. Après coup, j'ai analysé ma performance et celle de l'équipe et y ait trouvé plusieurs erreurs.
Moi, j'en ai fait une grosse sur l'étape de Corvara (14e étape). L'altitude m'a troublé et j'ai eu un moment difficile. Mis à part ce jour, j'ai été bien. Pour l'équipe, nous aurions pu faire des choses spécifiques d'une manière différente.
Sans ça, je n'aurais pas été troisième, mais deuxième ou... premier. Cela dit, je suis content de mon Giro, Je pourrais l'être plus, mais je suis satisfait.
Dans l'étape de l'Agnel (19e étape), nous avons fait une importante erreur. A cause de la nervosité, la pression, nous nous sommes trompés. Juste avant le sommt de l'Agnel, j'ai récupéré deux équipiers qui étaient en échappée. Il faisait froid, il y avait du brouillard, il fallait nous habiller pour rester à température dans la descente. Mais d'un autre côté, le groupe de Nibali était proche, je ne voulais pas laisser de temps dans la chasse.
Je suis allé dans la descente à fond, sans tenir compte de savoir si mes équipiers étaient dans ma roue ou non. Ils n'y étaient pas. Avec eux à mes côtés, ils auraient été d'une grande aide dans la descente et le plat avant la montée suivante. José Herrada m'a protégé du vent de face et a limité le temps que Nibali gagnait sur nous. Avec deux équipiers de plus, l'histoire aurait été différente. Je ne peux pas les blâmer pour cette erreur, c'était un moment stressant et nous ne nous sommes pas compris.
A propos du Tour de France
Ce sera la première fois depuis un moment que je vais participer à un grand tour, ou une grande course en général, sans pression. Je vais perdre du temps sur une étape de plaine et cela ne sera pas important. Ce sera étrange et en même temps, je veux découvrir ça.
Je serai plus frais dans les montées, en meilleure condition pour aider Nairo Quintana pour la victoire. Je serai aussi en meilleure position pour essayer de gagner une victoire d'étape. Mais ma priorité sera toujours de soutenir les objectifs de l'équipe.
Si je suis dans une échappée et que Nairo attaque, je m'arrêterais pour lui donner un coup de main s'il le faut. Et je suis sûr que ce scénario va arriver plusieurs fois dans la course. Ce ne sera pas un problème pour moi de laisser une victoire d'étape pour aider Nairo.
A propos des Jeux de Rio
La course sera la clé. C'est très dur et me convient perfaitement. Ce sera une course difficile, plus dure qu'aucune course olympique ou championnat du monde. Ce ne sera pas une histoire d'attaques mais de résilience. Ceux qui résistent le plus seront présents pour la victoire. Cela dit, il faudra aussi de la chance pour gagner.
Tout devra être parfait. Les équipes n'auront que cinq coureurs et, en Espagne, nous aurons au moins trois coureurs pour la victoire avec Contador, Purito et moi. Ce ne sera pas moi qui fera la loi de l'équipe ou la stratégie. C'est le rôle de Javier Minguez, sélectionneur national.
Une médaille d'or olympique remplacerait les mondiaux que je n'ai jamais gagné. La différence pour un cycliste est qu'il n'y a pas de maillot distinctif.
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