Photos extraites d'un diaporama réalisé par le site espagnol AS : goo.gl/Fo9JDq
"Alejandro Valverde est-il le meilleur coureur cycliste de ces 40 dernières années ?" : le site ProCyclingStats n'y est pas allé par quatre chemins en interrogeant lundi les internautes sur Twitter, au lendemain de la victoire d'Alejandro sur la Doyenne, où il a croqué ses adversaire dans les derniers mètres (revoir le final) avec une aisance remarquable, et remarquée.
Autrement formulée, la question était donc de savoir si Alejandro est le meilleur coureur depuis Eddy Merckx, explicitait le webmaster du site. La marche était sans doute un peu haute, car d'autres Grands sont passés par là, Hinault en tête. La majorité des internautes a donc sans surprise répondu par la négative ; mais chose frappante, le camp du oui a tout de même atteint les 44% (sur plus de 1500 votants) !
Il faut dire que Valverde est désormais à une seule longueur du Cannibale en termes de victoires sur les trois ardennaises : 10 pour Merckx (2 Amstel, 3 Flèche et 5 Liège) contre 9 pour Valverde (5 Flèche et 4 Liège), ainsi, donc, qu'à une seule longueur également en nombre victoires sur la seule Doyenne. Ce n'est tout de même pas rien - et encore, il ne s'agit là que de ces classiques (et sans même parler des places d'honneur).
Alejandro est donc dans une autre dimension par rapport à la plupart de ses rivaux actuels...à tel point que certains, comme Froome, en viennent même à en faire un des favoris du prochain Tour, ce qui me semble aller un peu vite en besogne ! Sans aller jusque là, certains ont tout de même commencé à s'interroger à haute voix, ces derniers jours, sur ces performances hors norme d'un coureur qui à quelques jours de ses 37 ans (fêtés ce mardi), a non seulement réalisé le troisième doublé Flèche-Liège de sa carrière (après 2006 et 2015), mais en outre l'a atteint sans grande difficulté apparente (cette Flèche et ce Liège ont chacun été les plus simples qu'il a remportés, a-t-il lui même confié ensuite).
Cyrille Guimard a apporté à ces interrogations une réponse qui ne prétend certes pas être complète (il faudrait y ajouter également, sans doute, des raisons physiologiques, le métabolisme particulier d'Alejandro, ses choix d'environnement, ainsi que le facteur "pause" dû à l'année et demi sans compétition en 2010-2011), mais qui comporte, je crois, une partie importante de l'explication :
"La longévité [d'Alejandro Valverde] ne me choque pas. Les exemples de coureurs qui restent au sommet de leur sport sont très nombreux. Pino Cerami, à une autre époque certes, remporte Paris-Roubaix à 38 ans. Gilbert Duclos Lassalle à 39 ans. Idem pour Poulidor ou Zoetemelk qui ont continué à jouer les premiers rôles jusqu’à la quarantaine. Pour durer, tu dois avoir un mental hors-norme. C’est le cas de Valverde. Si tu satures, tu décroches. Un coureur qui à 33 ans commence à parler de retraite, il ne dure pas. Si tu débutes chaque saison comme un cadet, tu peux tenir jusqu’à la quarantaine sans problème. Gagner un monument à 37 ans, ça me paraît tout à fait normal si tu gardes cette passion. Le potentiel ne chute pas."
A tel point que les rumeurs parlent même, justement, d'une prolongation de contrat jusqu'à ses 40 ans (il a signé jusqu'à ses 39 ans pour le moment). Si Alejandro continue de répondre, quand la question lui est posée, qu'il prendra sa décision plus tard (ajoutant, provocateur : "je partirai quand ils me mettront à la porte !"), Unzue, lui, commence à sous-entendre publiquement qu'il le voit bien pousser jusqu'en 2020...et confie d'ailleurs: "c'est le meilleur Valverde depuis ses débuts. Jamais je ne l'avais vu ainsi" à propos du niveau de son poulain de la semaine passée. Il n'y a qu'à voir ses statistiques d'efficience sur CyclingQuotient (nombre de km parcourus / nb de points) sur les mois écoulés depuis janvier pour se rendre compte du phénomène.
Les hommages élogieux, lundi après Liège et mardi pour son 37e anniversaire, ont du reste été plus nombreux, et plus marqués, qu'à l'accoutumée (voir notamment ce sympathique diaporama sur sa carrière, réalisé par Ciclismo A Fondo ; ou encore l'hommage de Marca en 37 points clefs). "Les mots manquent quand nous parlons de ce génie" dit de lui son ancien coéquipier Oscar Pereiro, tandis que la Gazzetta dello Sport en parle comme un "coureur hors norme".
En définitive, Valverde n'est pas seulement dans une autre dimension par rapport aux autres coureurs du peloton : il est aussi entré dans une nouvelle dimension historique, puisqu'il est - enfin ! - considéré comme faisant partie du cercle très restreint des Grands du cyclisme.
/image%2F0250449%2F20170426%2Fob_6f256b_0.jpg)
/image%2F0250449%2F20170427%2Fob_28061c_c-qt2n-xyaedqtd.jpg)
/image%2F0250449%2F20170427%2Fob_3e88fb_c-hipu5xyag68-i.jpg)
Commenter cet article