Alejandro détient déjà le record absolu de victoires sur la Flèche mais quelque chose nous dit qu'il n'est pas encore rassasié. Surtout après avoir loupé le coche dimanche sur l'Amstel, alors que la victoire s'est jouée entre ses rivaux puncheurs, sans lui.
Jose Luis Arrieta, directeur sportif de la Movistar, explique à CyclingNews qu'Alejandro a trop attendu dimanche avant de tenter de revenir sur Kwiatkowski après que celui-ci a démarré, mais qu'il n'y a pas d'inquiétude à avoir. "Il est en bonne forme, mais il faut s'y attendre. Avec Alejandro, on le sait bien, il n'y a que deux options : soit il ne va pas bien, soit il va vraiment très bien. (...) De la pression ? Quel type de pression pourrait-il ressentir, lui qui a remporté les 4 dernières éditions ? S'il y a bien quelqu'un qui peut aborder cette course avec tranquillité, c'est lui. Nous verrons comment la course se passe. C'est sûr, c'est le grand favori et il sera là dans le coup".
Alexis Vuillermoz abonde, dans une interview sur lequipe.fr : "J'étais avec lui en Catalogne et au Pays Basque, où ça roulait déjà très vite, et il m'a impressionné. Il va être dur à déloger. Après, pour gagner la Flèche, il faut de la force physique et du savoir-faire, ce que Valverde a, mais personne n'est à l'abri. Il n'aura pas forcément besoin de réaliser la course parfaite mais il ne devra pas faire trop d'erreurs non plus".
Les 2 erreurs à ne pas faire sont connues, quoique la 1ere reste peut-être sous-estimée :
-il ne faudra pas laisser partir de coureurs dangereux avant le mur de Huy, car le final a été modifié et est probablement plus difficile cette année. Et ce d'autant plus qu'Alejandro étant le (très) grand homme à battre, un grand nombre d'outsiders pourraient être tentés d'anticiper le mur. Méfiance ! On espère que la Movistar saura faire le job.
-il faudra impérativement arriver au pied du mur en bonne position. On le sait bien : quand Alejandro arrive en excellente position en bas, ses stats de "conversion" en victoire en haut sont très élevées (si ce n'est du 100% - exception peut-être de 2007). Et inversement quand il n'est pas bien placé, c'est mauvais signe sur sa forme et pour sa montée. Sur les 3 dernières éditions, qu'Alejandro a toutes remportées, il a toujours figuré dans les 3 premières places au pied.
Ces 2 défis surmontés, il s'agira alors de faire parler la poudre et devancer en particulier 2 coureurs : Henao et D.Martin. L'Irlandais est un des meilleurs puncheurs du peloton, mais je redoute encore plus le Colombien. Albasini est un autre homme fort, très régulier sur la Flèche, et 3e de l'Amstel dimanche : il faudra aussi s'en méfier. Enfin, Kwiatkowski, Woods, Haas, Vuillermoz, Barguil et Wellens constituent des outsiders sérieux pour un beau résultat.
On ne va pas se mentir : en l'absence d'Alaphilippe avant tout, mais aussi de Gilbert, de Poels, de Chaves, des Yates, ainsi que du retraité Purito, les adversaires pour la victoire sont moins nombreux que l'an dernier. L'adversité est-elle pour autant moins coriace ? Pas si sûr. Réponse demain après-midi !
Commenter cet article