Alejandro avait été clair en fin d'année dernière sur le fait qu'il souhaitait courir le Giro et la Vuelta cette année. Le choix d'Unzue de tout miser sur le Tour en a décidé autrement. Aujourd'hui Alejandro, après les 3 semaines du Tour, s'apprête donc à courir la Vuelta avec l'objectif prioritaire d'arriver en forme pour le Mondial, ce qui suppose d'en garder sous la pédale pendant cette Vuelta.
L'ironie du sort est qu'il aurait à mon avis de quoi briller sur cette Vuelta s'il y arrivait en bonne forme et avec des ambitions. Contrairement à l'an passé, où le plateau était royal (Froome, Contador, Nibali, Bardet, Aru, Chaves, les Yates - quasiment tous avec des ambitions), l'édition de cette année comporte assez peu de cadors en forme, en l'absence des 4 premiers du Tour (Froome, Thomas, Dumoulin, Roglic), des 2 premiers du Giro (Froome et Dumoulin), et de Bardet, et en considérant le fait que Nibali n'aura aucune ambition pour le général comme il l'a annoncé, que Landa risque d'être à court de forme suite à sa blessure, et qu'A.Yates sera là pour aider son frère d'après les déclarations de Mitchelton-Scott.
Dès lors :
- Les deux grands rivaux de la Movistar me semblent être S.Yates (longtemps le plus fort sur le Giro cette année) et Porte (dont le niveau est souvent élevé). Néanmoins aucun des deux n'a encore été capable de briller sur 3 semaines entières (la faute à des pépins ou jour-sans)...
- En 2nde ligne, je place Aru, Pinot, et Lopez.
- En 3e rideau se situent pour moi des coureurs visant surtout les places d'honneur comme De la Cruz (certes leader Sky, capable du top 5 voire du podium, mais une victoire me semblerait être un peu gros...), Uran (qui n'a jamais bien marché sur la Vuelta en 4 participations), Bennett (qui vise surtout le top 5), Zakarin, Kruijswijk (qui sera au départ surtout en soutien de Bennett), Oomen, Meintjes, Henao, Kelderman.
Tout compte fait, seuls 5 coureurs semblent à mon avis capable de remporter cette Vuelta, outre les leaders de la Movistar. Chez Movistar, Quintana devrait être le grand leader et aura une certaine pression pour briller, lui dont la dernière victoire sur un Grand Tour remonte à deux ans (Vuelta 2016) et qui n'a pas fait mieux que 10e sur ses deux derniers Grands Tours.
Si Valverde avait choisi un programme le faisant arriver en pleine forme sur cette Vuelta, avec des ambitions, je pense qu'il aurait été capable du podium, si ce n'est mieux. Le fait est qu'il n'y vient pas cette fois-ci pour le général. Certes. Mais s'il se sent très bien et que les noms cités ci-dessus ne s'avèrent pas particulièrement forts, que se passera-t-il ? S'en tiendra-t-il vraiment à son plan initial ? Il est tout de même permis d'en douter ; ce serait en tout cas une première dans sa carrière.
Il faut donc espérer une situation la moins floue possible. Soit (scénario prévu et donc le plus probable) il sent qu'il n'a pas la préparation et les jambes nécessaires pour la gagne, et dans ce cas il faudra qu'il sache bel et bien parfois levier le pied (Nibali, qui pensera au Mondial, n'aura lui aucun scrupule à être invisible sur cette Vuelta). Soit l'inverse se produit (scénario qu'on ne peut pas encore écarter, étant donné les bonnes jambes qu'il a souvent sur la Vuelta y compris après avoir couru le Tour) et alors il faudra être stratège (exemple : ne se sacrifier en aucune manière pour Quintana), en ayant une chose en tête : au vu de la nouvelle génération qui émerge (Bernal notamment, qu'on imagine bien en leader sur le prochain Giro) et du plateau (la Vuelta 2019 a toutes les chances d'être plus relevée puisque, par exemple, Dumoulin et Froome ne referont sûrement pas le Giro avant le Tour), Alejandro, 39 ans l'an prochain, n'aura à mon avis plus l'occasion de remporter un Grand Tour de sa carrière, suite à cette Vuelta. Et ce malgré l'exception Horner, lauréat à 41 ans...
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