Il a terminé 1er, 2e (deux fois), 3e, 4e et 5e du Tour d'Espagne. Sur ses 6 dernières participations à l'épreuve (qu'il a disputé en tout 7 fois), il n'a jamais fini hors du top 5. Et lors de ses deux dernières participations, en 2009 et 2012, il a terminé respectivement 1er et 2e. Alejandro Valverde revient sur la Vuelta en cette année 2013 avec l'intention d'y briller. Comme il en a toujours eu l'habitude. A 48h du départ, je vous propose une interview qu'il a donnée à AS.com, que j'ai traduite ci-dessous. La Vuelta, le leadership à la Movistar suite à l'émergence de Quintana, un bilan de sa carrière jusqu'à aujourd'hui, la suite de sa carrière, le Tour, le Mondial...: Alejandro se livre dans une interview qui respire la maturité de celui qui a désormais la majeure partie de sa carrière derrière lui en nombre d'années, mais qui a encore beaucoup d'ambitions, légitimes, pour la suite.
Comment se présente cette Vuelta ?
Je crois que j'arrive bien. Le Tour a été très dur, parce que je suis resté attentif tous les jours, et ça te fatigue mentalement en plus des jambes. Je me sens frais, reposé et j'ai fais des entraînements intensifs ces dernières semaines. Je me sens comme je le voulais. En 1ere semaine il y a plusieurs étapes importantes, comme le chrono par équipe [le 1er jour, samedi] ou la montée finale du 2e jour [oui, dès dimanche première arrivée au sommet !], et j'espère arriver là-bas à l'avant.
Avec 12 finals en altitude, c'est une course idéale pour jouer la gagne ?
C'est l'idée. J'espère maintenir ma concentration du Tour pour rester attentif à n'importe quel mouvement important. Je viserai la victoire au général, même si j'aurai des rivaux de grandes qualités. Nibali, Purito, Uran et Henao seront mes rivaux les plus dangereux.
Ca te fait-il encore de la peine d'avoir perdu le podium du Tour sur un incident comme celui qui s'y produit ?
Bien sûr que c'est énervant, mais on ne peut rien faire contre la malchance et je ne suis pas pour l'idée d'y penser et repenser trop souvent. Sans cette crevaison, j'aurais terminé sur le podium à Paris. Je garde en tête les bonnes choses, avec cette maturité que j'ai montré sur le fait d'être toujours bien placé à l'avant du peloton.
Ca a été dur d'atteindre cette maturité, cette tranquillité, cette expérience ?
Ca s'apprend à mesure que passent les saisons. L'équipe me l'a beaucoup répété, et peut-être à cause de l'inexpérience [il dit "immaturité"] ou du fait que ça me coûtait de courir à l'avant, les choses ne s'étaient pas passées avant comme je le voulais. Désormais j'ai changé de mentalité, je sais que ma place se trouve dans les 1ers du peloton et non à l'arrière.
La stabilité familiale t'aide, non ?
Énormément. Je dois énormément à ma femme, pour sa patience, avec tant de voyage et tout ça. Je la remercie pour ses déplacements aux courses avec les enfants. C'est chaque année plus dur de quitter sa maison. Mes enfants me procurent de grandes joies et j'aime beaucoup passer des moments avec eux. Cela dit, je suis concentré sur mon travail, et je profite beaucoup de ce que je fais.
Les pépins t'ont privé de plusieurs succès dans ta carrière.
Oui. Certaines fois, en effet ce qui m'est arrivé était de ma faute. Mais pas cette fois [sur le Tour], je ne pouvais rien y faire. La roue s'est cassée et je me suis arrêté pour la changer. J'ai beaucoup entendu parlé de la question de savoir si ça n'aurait pas été mieux de changer de vélo. Les 2 coéquipiers avec moi à ce moment là, Plaza et Castroviego, n'avaient pas de vélo à ma taille. J'aurais peut-être perdu plus de temps de cette façon.
L'émergence de Quintana compromet-il tes intérêts propres ?
Nous verrons comment nous planifierons la saison prochaine et quel calendrier nous choisirons. Nairo a terminé 2e de son premier Tour et il mérite la liberté et le statut de chef de file. Je ne veux pas freiner sa progression, je me fais plus âgé, Eusebio Unzue dira quelle est la place de chacun.
A 33 ans, penses-tu qu'il te reste encore des opportunités sur le Tour de France ?
Oui, je pense pouvoir atteindre le podium du Tour durant les saisons qu'il me reste. Je crois qu'il me reste au moins 3 bonnes saisons.
Le Giro ne t'intéresse-t-il pas ?
C'est une course qui m'attire, même si les circonstances ont fait que je ne l'ai pas disputé pour le moment. On verra plus tard.
Et les classiques comme San Remo ou la Lombardie ?
De même, mais c'est très difficile de courir tout ce qui te plairait et de gagner. Ca dépend des objectifs que tu te fixes.
Quels succès te manquent dans ton palmarès ?
Je suis franchement satisfait de tout ce que j'ai obtenu jusqu'à aujourd'hui. La seule chose que je souhaiterais c'est le podium du Tour et devenir champion du monde. J'ai fait 2e et 3e du Mondial, je peux aspirer à l'or.
...A Florence cette année ?
Ca serait super. Le parcours s'adapte à merveille à mes caractéristiques et il faudra voir comment se passe la tactique de l'équipe espagnole et la course elle-même. Le Mondial a toujours été une course difficile à prévoir et à contrôler.
Es-tu content de la manière dont tu es vu par la presse et le public ?
Oui, je me sens valorisé. Je ne souhaite pas être plus célèbre. Logiquement, il y a des gens qui supportent plus quelqu'un que quelqu'un d'autre. Contador a gagné le Tour et dispose d'un grand soutien populaire, et c'est logique. J'ai réussi à faire partie d'une des meilleures "étapes" du cyclisme de notre pays, avec des coureurs de la taille de Freire, Purito, Samuel Sanchez...
Et comment voudrais-tu qu'on se souvienne de toi quand tu arrêteras le cyclisme ?
J'ai montré que j'étais un coureur de Grands Tours avec mes places à la Vuelta, et un coureurs de classiques avec mes victoires à la Flèche ou à Liège. J'aimerais qu'on pense que j'ai été un bon coureur.
Source :http://ciclismo.as.com/ciclismo/2013/08/21/vuelta_espana/1377051121_476803.html

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