A l'issue d'un chrono extrêmement serré face à Contador, Alejandro, dans une forme éblouissante, remporte pour la 1ere fois de sa carrière le Tour du Pays Basque !
Quelle performance ! Quel coureur ! Quel début de saison ! Je perds mes mots face au chrono que vient de réaliser Alejandro. Le suspens fut insoutenable durant les 27 km qui se sont transformés en un duel épique entre les deux coureurs les plus brillants de ces 20 dernières années en Espagne voire mondialement : Valverde et Contador. Le madrilène a longtemps eu l'avantage et j'avoue que j'ai commencé à perdre espoir en voyant qu'il devançait provisoirement notre champion de 12, 13" secondes sur certaines portions, alors qu'Alejandro ne pouvait se permettre qu'un écart de 3 secondes. Et pourtant...Alejandro a réussi l'improbable : dans les derniers kms, il a inversé la tendance, peu à peu, puis de façon nette et sans bavure, en se permettant même le luxe de devancer Contador sur le chrono lui-même, et en terminant 2e de l'étape derrière Roglic.
Valverde brise ainsi une malédiction : celle qui l'a vu rater la victoire finale de très peu (6 secondes à chaque fois) à deux reprises sur cette épreuve, en 2006 face à Gomez Marchante (plus de 10 ans déjà), et en 2010 face à Horner. Alors que ces deux là ont largement disparu des écrans radars depuis longtemps, Valverde, a abordé ce Tour du Pays Basque avec une forme étincelante et une très grande motivation, affirmant sans pudeur de gazelle qu'il venait ici pour gagner. Cette fois-ci, ça a fonctionné. Ce succès, il le mérite encore plus que tous les autres (tous les autres coureurs participant à l'épreuve, qui n'ont pas été aussi proche que lui de la victoire par le passé, mais aussi tous les autres succès accumulés depuis le début de saison).
Cette victoire parachève un début de saison déjà étincelant (c'était déjà, avant même le début de semaine, son meilleur début d'année en 15 ans de carrière !) mais qui devient véritablement exceptionnel - à moins qu'il ne faille garder cet adjectif encore dans notre besace, car les ardennaises approchent et nous courrons le risque d'être à court de termes élogieux...!
1er du Tour de Murcie, 1er du Tour d'Andalousie, 1er du Tour de Catalogne, 1er du Tour du Pays Basque...n'en jetez plus, la coupe espagnole est pleine ! Cela tombe bien, ce qui arrive pour la la suite se disputera ailleurs, aux Pays Bas et en Belgique, sur des terres qu'il connait bien à force d'y avoir brillé. On ne pouvait rêver meilleure façon d'aborder les classiques, à la fois sans pression vu ce début de saison (cette victoire au Tour du Pays Basque constitue une réussite en soi qui restera quoi qu'il arrive dans le bilan de sa saison), et avec une confiance qu'il ne faut pas rendre excessive mais qui n'en reste pas moins entièrement légitime. Mais en attendant, Alejandro a bien le droit de savourer quelques instants ce moment. Et nous, applaudir l'artiste.


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